Carnet de voyage

Turquie v.2

8 étapes
15 commentaires
214 abonnés
Dernière étape postée il y a 1 jour
2ème passage en Turquie, cette fois nous devenons résident turc pour un an maximum. Quelques mois pour attendre l'ouverture de frontières et avoir le bon créneau météo. Approfondissement de ce pays !
Du 29 septembre 2021 au 15 août 2022
321 jours
Partager ce carnet de voyage
Publié le 25 novembre 2021

"Allô Frontière Iranienne... toujours fermée depuis 18 mois ? Nous sommes fin septembre t'as pas envie d'ouvrir ? - Ti atend encore chouia dibut novembre, le temps ke j'mi débarrace de li chieur di Covid - Tant pis, pour nous c'est météorologiquement trop tard". Donc, comme back to Turkey, "l'Ikamet" nous tend les bras, devenir turc pour un an. Pour cela il nous faut un garant. Ufuk, aménageur de loisirs pour véhicules en tout genre (Ufuk Karavan) nous tend les bras. Go donc to Istanbul, de l'autre côté de la Turquie. En plus il faut aller vite, notre visa turc expire bientôt et nos jours de dépôt du dossier sont comptés. C'est la course aux km ! 1550 km à s'enfiler au plus vite. Allez le Cargol, avanti ! 3 jours et demi avec deux journées à 500, 600 km. Autant dire qu'avec des pointes à 70 et des montées à 20-25km/h, c'est long !

Et qu'est-ce que l'on fait quand on a plaisir à se retrouver en Turquie, ON MANGE ! S'il y a bien quelque chose en ce monde que les peuples partagent avec plaisir, c'est bien la bouffe 😉

Les lasagnes de MaLoute font fureur
Les lasagnes de MaLoute font fureur
Le Khavalti (p'tit déj) traditionnel qui te mets pleins de calories
Le Khavalti (p'tit déj) traditionnel qui te mets pleins de calories
Là y'a poisson !
Là y'a poisson !
Lasagne, Petit déj traditionnel, Poisson... 

Un peu plus de 15 jours sur Istanbul dans le hangar d'Ufuk... Faire les papiers pour l'obtention de l'Ikamet, se faire envoyer un colis (je vous ferai une étape spéciale bientôt sur ces deux derniers points ubuesques), ça nous occupe, mais pas que. Les méninges et les doigts vont dans le bons sens. Conception et fabrication d'un nouveau haut de tableau de bord plus esthétique et fonctionnel, réalisation d'un accoudoir et de capots des box inter-sièges . Sous mes petits doigts et le pinceau de Maloute, Cargol se transforme en pièce unique !

Ancienne merdouilles du haut de tableau de bord enlevé
Ancienne merdouilles du haut de tableau de bord enlevé
Compartiments et box auto-radio
Compartiments et box auto-radio
ca ressemble à une maquette...
ca ressemble à une maquette...
support pour l'Ipad de navigation
support pour l'Ipad de navigation
et zou posé !
et zou posé !
ça pourrait être plus esthétique mais c'est super fonctionnel 

Nous ne sommes quand même pas des dingos pour rester enfermé tout le temps. Istanbul n'est pas loin, nous l'avions vu vide et tous commerces fermés 6 mois auparavant avec le covid, désormais c'est bain de foule assuré. Ce qui est étonnant c'est la diversité des quartiers, en fait c'est un amas de villes dans une ville : une mégalopoville quoi !

ça grouille sur des km
Dans le Grand bazar historique
un vendeur de Kebab, 3m2 au sol à l'intérieur, la queue sur 20m
Turquie libre !
Magalopoville d'Istanbul 

Le fleuve-mer-détroit Bosphore tient et a tenu depuis des siècles une place importante ici. Vous en doutiez, non sans doute... Plutôt que de prendre un bateau touriste, nous empruntons des bus-bateaux qui nous font remonter puis descendre le détroit allant d'embarcadères à petits ports, demeures incroyables à plusieurs dizaines de milliers d'euros qui côtoient port de pêche et de plaisance. Bref une superbe façon de découvrir au fil de l'eau ce coin, au rythme local. A faire sans faute sur Istanbul !


Remontée et descente du Bosphore au fil de plusieurs bateau-bus 

A Istanbul, bien manger local et boire une boisson pour 3€ par personne, c'est classique, ne pas s'en priver !

L'ensemble de ce repas, boisson comprise est bien de 6€
A table ! 
Publié le 10 décembre 2021

Souvent quand tu prends des vacances itinérantes à l'étranger, tu cours de sites touristiques en sites touristiques, course à la photo souvenir devant tel ou tel monument ou paysage connu. Temps limité, tu as envie de t'en mettre plein les mirettes pour au retour faire remonter les images et te faire oublier un peu ton quotidien, jusqu'à la prochaine fois... Le temps est notre partenaire alors pour attendre nos cartes de résident et notre colis, nous fuyons Istanbul : refuge à 80 km de chez Ufuk, au bord d'un immense lac, chez "Mamy Fish" - famille turque rencontrée en mai dernier, surnommée ainsi car ils sont pécheurs et tiennent un petit restaurant.

En arrivant, la surprise est totale. Elle avait pleuré quand nous étions partis, les larmes coulent à nouveau... C'est parti pour une immersion familiale : séjours longs avec Mamy fish entrecoupés de séjours courts sur Istanbul pour la paperasserie...

Izmet le petit-fils
Tous les matins...
Papy et Mamy fish et la petite fille Doygü
La fille, petite fille et petit-fils

Comment partager des moments avec une famille étrangère ? Essayer de s'intégrer dans leurs tâches quotidiennes. Pas faciles pour eux de lâcher prise et de se faire aider. Faut souvent leur prendre les outils des mains et s'imposer, prendre des initiatives. 🐟 Etape 1, après la pêche quotidienne du matin (relevage des filets dans le lac), c'est l'heure de la préparation du poisson. Technique originale : poisson accroché au mur, pelage de haut en bas avec une pince, puis avec un couteau striage de la chair du poisson tous les 5 mm. Cette technique pour la carpe permet une friture à coeur qui vient faire oublier les multiples petites arêtes, Pas fou le turc !

Il ne manque que la 1ère phase : carpe dans le filet

🫒 Etape 2 : l'heure de l'Olive a sonné ! C'est la saison de la récolte ! Aspiration ? Secouage ? Non ! MaaannnouuuëëëLL ! On ramasse des kilos et des kilos puis passage à la calibreuse "automatik" et triage des noires /pas noires. Les noires finissent salés dans des bidons, les plus abimées pour faire de l'huile, et "cassage" (un petit coup de couteau) pour les moins mûres. Un bon petit déjeuner ne se fait pas sans les olives sur la table !

La calibreuse automatik
Mise en bouteille plastique pour salage et conservation
Cassage de l'Olive
Olives quand tu nous tiens ! 

Un arbre, des fruits... 🍯 Etape 3 confiture ! Figues et Jujubes. Pour les jujubes, nous commençons à dénoyauter les jujubes mais Mamy fish nous stoppe ! Sa technique est assez radicale : la jujube avec son noyau direct dans la marmite, plein de sucre et zou ! Moins agréable à manger quand même à l'arrivée. La French touch c'est quand même mieux.

Découverte de la Jujube ! 

Le petit déjeuner turc (Kahvalti) est sacré, enfin surtout sucré et salé ! La base c'est olives, 3 fromages, tomates concombres, petits piments, confitures, pain puis en fonction des jours on rajoute des oeufs durs, des petits pains parfois fourrés de charcuterie ou de fromage, des pommes de terre, des abats... Plus le lunch à midi avec le poisson frit, autant dire que la balance peut monter vite si tu t'actives pas trop la journée !

Si vous passez par là, n'oubliez pas de les saluer de notre part : le lien Restau et le lien du spot bivouac à 1 km au bord du lac

...

Et là où sommes-nous au moment où tu lis ces lignes ? Par ici !

Pays précédent : Géorgie, Etape suivante : se faire envoyer un colis hors europe et comment devenir turc...

Un voyage sans déboire ou temps passé à résoudre de l'administratif ne serait pas. Ce ne fut pas triste de ce côté là, notamment pour notre permis de séjour d'un an (Ikamet en turc), la réception d'un colis, l'enregistrement des véhicules. Ajoutons à cela un petit souci de support de cellule en plus et vous allez comprendre, en plus de l'étape précédente, où le reste de ces derniers 3 mois sont passés.

Ikamet, la carte de séjour turque 🇹🇷

Avoir le droit de rester 1 an sur le sol, en étant pris à part entière pour un résident turc, c'est avoir l'accès aux soins médicaux et à la 3ème dose fuck-covid, à la carte culture (5€ / an) donnant l'accès gratuitement à tous les musées - sites touristiques, et autres facilités éventuelles en cas de soucis. Plutôt avantageux pour nous en cette période. C'est pourquoi dès que nous avons récupéré nos nouveaux passeports en Géorgie, nous avions avalés en moins de 4 jours les 1600 km pour rejoindre Istanbul illico da presto, nos jours de présence en sol turc étant comptés et déjà pas assez nombreux pour faire les papiers nécessaires. Qui ne tente rien n'a rien non ?

Que faut-il donc pour faire l'Ikamet ?

• avoir un parrain turc ou un bail de logement : notre ami au grand coeur Ufuk d'Ufuk Karavan à Istanbul nous tend les bras pour endosser cette responsabilité, et ce malgré une entreprise à gérer dont laquelle il a été quasiment absent les trois derniers mois pour cause de graves problèmes de santé... Respect !

• faire de la paperasse : attestation de logement signé par le notaire, photos d'identité, photocopies passeports, une assurance santé turque, prouver la bonne tenue et le côté bien joufflu de ta tirelire... Heureusement Ufuk nous accompagne dans cette démarche et en quelques heures et passages en 4 endroits différents le tout est plié en quasiment une demie-journée.💪 Yahouuuuuu !

• remplir un formulaire sur le net pour obtenir un rdv pour le dépôt du dossier. En plus le formulaire est accessible en anglais. Cela semble une formalité. Malheureusement un blocage survient, une "erreur" sortie de nulle part nous empêchant d'accéder à la validation finale. Seule solution, se rendre lundi à l'administration. Nous somme vendredi fin PM, 3 jours de perdu alors qu'il n'en reste que 18 pour nous et qu'il faut au minimum 3 semaines pour avoir le rendez-vous. Ca sent le roussit non ?

Plus de 2h pour se rendre en transport en commun le lundi (et oui nous sommes dans une ville de 15 millions de bons terriens). Evidemment le premier endroit n'est pas le bon, c'est repartit pour un tour de ville. Un peu plus tard dans un autre quartier, 45mn de queue et la brave dame qui ne comprend pas pourquoi notre dossier bloque et nous dis qu'elle ne peut rien faire pour nous, si ce n'est nous donner un numéro de téléphone général. Garder son sang froid, insister lourdement en lui faisant bien comprendre que l'outil informatique était le reflet de son administration, que nous avions les pieds dedans et donc qu'un fichu bureau de son grand bâtiment devrait être à même de résoudre son petit problème existenciel... Elle s'absente, revient, s'absente et... la solution est trouvée ! Juste en mettant un autre choix qui ne correspondait pas au nôtre dans le menu déroulant de l'assurance. Yahouuuu ! Elle nous rassure que du même coup, nous avons le droit de rester sur le sol turc jusqu'à notre rendez-vous qui nous sera précisé par email, aucun soucis ! Yahouuuuu bis ! Nous repartons sereins...

Quelques jours plus tard, le rdv arrive pour le 1er novembre soit quasi 1 mois. Bon ben va falloir attendre que notre colis arrive (cf. plus bas) et nous irons dire bonjour à Mamay fish, (cf étape précédente)...

.... Enfin le 1er novembre est là, Dilhara la fille d'Ufuk nous accompagne pour cette démarche. Une grosse demi-heure de queue et... Ufuk est marié ? Oui ben alors il faut aussi la signature certifiée par notaire de sa femme et vous devez aller payer les taxes puis vous revenez... Et merdum. Heureusement, avec la disponibilité de Dilara et de Jasmine, l'acte notarié est vite effectué. Quant à payer la taxe, tu prends le ticket... n°780... et là à combien on en est ? dernier numéro appelé 430... Ah ouais quand même... rapide calcul en 10 minutes, minimum 2h30, direction le café du coin !

Taxe payée, il nous reste 45 mn avant que le bureau de la police de l'immigration ne ferme... Quelques quartiers et bouchons à traverser, ouf nous y sommes à temps, "la demande va être étudiée, vous recevrez votre carte par la poste dans une 15aine de jours, d'ici là vous pouvez continuez à circuler... " Yahouuuu ter ! Nous nous apercevons après qu'en fait nous n'avions pas signé un papier, que l'on avait rien pour prouver à un éventuel contrôle qu'un dossier d'Ikamet était en cours... Un peu flippé nous y reviendrons le lendemain mais "Aucun souci, problem yok" comme ils disent ici 😉 .

Le temps d'aller refaire un tour en dehors d'Istanbul, nos cartes d'identité turques arrivent bien 15 jours plus tard. Même si cela ne fut pas facile et un peu stressant, force et de reconnaître qu'un étranger souhaitant avoir une carte de séjour en France doit avoir bien plus de difficultés que nous n'en avons eu. Merci la Turquie, encore un très bon point pour toi ! 👍

Histoire de colis

Nous avions déjà connu du comique avec un envoi en Bulgarie, cette fois, ce n'est pas mal non plus. Au vu de la difficulté à trouver certaines choses en Géorgie, nous avions décider de commander / livrer en France entre autre certaines pièces moto et une visseuse Makita avec batterie, plus carte bleue, carte sim française... (cf le vol dans Cargol en Géorgie). Allo Véro ? Pas de soucis je gère ! (la pauvre ne savait pas ce qui l'attendait, et nous non plus...)

1er envoi, je passe par un grossiste internet en envoi (Upela) et choisi DHL en transporteur. Le colis est oublié quelques jours au relais où il a été déposé. Si si c'est possible ! Une fois remis dans les bons tuyaux, il revient à l'expéditeur. Il a été ouvert et motif : pas de batterie dans les envois par avion ! "Allo ? comment on fait ? la batterie fait moins de 100W donc c'est autorisé normalement. Ah bon ok alors marquez-le sur l'emballage".

2ème envoi avec une grosse étiquette mentionnant la présence de la batterie < 100 W. Toujours DHL. Le colis revient. Merdum ! Il a encore été ouvert, pas d'explication. "Allo ? Pourquoi ? L'étiquette était trop grosse et c'est réservé aux envois professionnels ! Il fallait juste marqué batterie not restricted et la séparer de la visseuse". Presque 2 semaines depuis le 1er envoi et nous en sommes au même point. Bon Véro désolé on remet ça. Pour plus de sécurité cette fois carte Sim et carte bleue partiront dans un autre envoi.

3ème envoi, DHL, "batterie < 100w not restricted"... je vous le mets dans le 1000 3ème retour à l'expéditeur, toujours sans explication ! "Allo ?... Suspiscion de batterie..." Je vous jure on commence vraiment à péter les plombs. Evidemment à chaque fois tu repayes l'envoi et tu espères le remboursement un jour. Par contre tu payes les communications Turquie Upela ou DHL France et ça dure jamais 10 secondes...😡

4ème envoi, bon Véro garde chez toi la batterie, je vais m'en passer j'ai une solution ici. Puis fini DHL on passe par Chronopost . Le colis est déposé. Il arrive à sortir de Toulouse, arrive à Paris et là blocage mais pas d'explication (j'adore...) "Allo Upela... sans doute parce que vous n'avez pas mis de numéro de TVA" Et il ne s'agit pas d'un envoi pour une société mais à destination de quelqu'un de privé dans une société. Le truc à pas faire, et m*... ! Upela sympa me fait une autre étiquette avec le numéro de TVA, l'envoi à Chronopost qui valide et le colis peut continuer ! Ouf !

Fini ? Non ! le colis arrive sur Istanbul puis passe en "Attente de dédouanement" 2, 3, 5 jours, 1 semaine... "Allo Upela ça peut durer longtemps ? On ne peut pas savoir" 15 jours toujours rien... Nous revenons sur Istanbul et décidons d'aller trouver les PTT Douanes. Métro, bus... 2h... puis au bout de plus de 2h passés sur place "Nous n'avons aucune trace de votre colis, ce n'est pas les PTT" Là tu en perds ton Latin, pourquoi j'ai cette info sur le site de Chronopost comme quoi mon colis est à Istanbul bloqué aux douanes ! "Allo Upela, merci de demander à Chrono l'adresse des douanes où est le colis"

Réponse le lendemain : "Vous pouvez appeler ce numéro en communiquant cette référence". Il manque l'indicatif du téléphone (2 différents sur Istanbul) et la référence qui n'a rien à voir avec celle de ton colis... "Allo... Oui nous avons votre colis (ouf soulagé) mais il nous faudrait les factures d'achats de vos pièces motos, votre carte grise, un acte de propriété de la moto..." Là tu crois marcher sur une autre planète. "Et au fait si mon colis n'est pas aux PTT Douanes, vous êtes qui ? DHL Douanes ! ! ! " Quel monde de dingue ! 🤢

L'histoire rocambolesque s'est arrêté là avec la réception 48h plus tard dudit colis...

55 jours plus tard... 

Dernière histoire administrative : L'ikamet des Véhicules, passage à la douane pour permettre à nos véhicules de rester sur le sol turc au-dela de nos 3 mois initiaux.

Cela n'aura duré que 7h (!), 55€ de pénalité de retard d'enregistrement (réduction 25% car payé en cash à la banque), x2 car 2 véhicules.

- Et le 3ème véhicule que l'on possède ? - Ah ben non il existe pas dans notre fichier d'entrée dans le territoire. - Peux-t-on rouler avec un véhicule non enregistré ? - Non - Et comment fais-t-on ? - Vous roulez à proximité du camion" - Y-a-t-il une solution ? - Non - Comment fais-t-on pour sortir un véhicule du territoire non enregistré ? - On ne sait pas, vous verrez quand ce sera le cas

Là nous avons touché la connerie humaine, comme quoi en Turquie il y en a aussi. Nous n'avons pas bu le thé de la journée et à la fin, ça a gueulé très, très fort... No comment...

Publié le 10 janvier 2022

En fait pendant ces 3 mois dans la région d'Istanbul, nous avons quand même pu nous échapper... Chez Ufuk, nous rencontrons la famille Odyssébus. Et quelle famille ! couple avec 5 enfants partis pour un an. Bon depuis plusieurs semaines qu'ils sont en vadrouille, ils vivent beaucoup de galères mécaniques mais ils avancent et ce, toujours dans la bonne humeur qui les caractérisent. Ils vont dans notre direction et vu que Cargol est resté chez Mamy Fish, nous sautons dans leur bus pour rentrer "à la maison". Sacré véhicule ! (qui a d'ailleurs appartenu à Johnny Halliday pour ces tournées) mais bon la boite de vitesse hurle de douleur à chaque passage, la confiance est relative. Une cinquantaine de km plus loin, voyant rouge, fuite d'air, immobilisation ! Nous finirons, eux attendant la dépanneuse, nous en stop 😳.

(la suite pour eux : 15 jours plus tard après avoir faillit prendre feu, le moteur a "explosé" et la boite à vitesse est morte. Mais à ce jour ils vont bien, sont partis pour l'Egypte puis l'Iran sac à dos pour 3 mois, et récupérerons le bus laissé dans un garage en Turquie à Antalya à leur retour... On se reverra sans doute... 😉)

La classe impériale, mais pas très pratique pour faire du tourisme
Les emmerdes continuent pour eux
La galère d'OdysséBus

Une fois arrivé chez Mamy Fish, nous nous en échappons quelques jours, le temps de rejoindre la famille Optimus (avec qui nous avions déjà passé du temps en Turquie et Géorgie) avant qu'ils ne s'échappent pour l'Iran. Sur notre route Eskisehir, surprenante ville avec ses canaux et un vieux quartier ottoman rénové. Un parc bien délirant vient compléter ce beau tableau. Qui dormira dans ce château ? La belle ou le bois dormant ? 🏰

Eskisehir, encore une ville turque pleine de charme

🍄 et si nous étions la nature et la nature nous ? 🐾 Et si nous inversions les rôles ?

Ouarf ouarf ! 

2 jours 3 nuits de retrouvailles sympathiques, isolés au bord d'un lac. Aucune âme dans le coin, seul quelques rares pécheurs sur le lac. Une fois n'est pas coutume, une embarcation nous offrira 2 belles carpes... à 23h... heureusement qu'il pêchent pas la baleine non ? 🐋

C'est beau, c'est où ? Juste un petit lac de Turquie (Sariyar Baraj Göl)

Et vers l'autre côté du lac y'a quoi ? Ah ben pas moche non plus. Une bonne usine électrique à charbon (mais le lac est grand alors elle se voit pas) mais surtout quelques vieux villages, des cultures verdoyantes et des montagnes que tu crois que Dieu à cet endroit a fait tomber ses palettes de peinture. Un sacré artiste le type !

Puis plus loin, on frise une nouvelle fois la folie commerciale de l'homme... Un "complexe" de 700 maisons châteaux dont le programme s'est arrêté voilà deux ans, banqueroute (!) Plus de la moitié furent vendus sur plan à de riches koweitiens mais la conjoncture a changé. Ça deviendra quoi ? Nul ne sait. Enfin si tu veux rentrer dans le livre des records et organiser la plus grand partie de cache cache, contacte vite la mairie du coin ! 🤪

Burj al Babas complexe inhabité en instance de rien

Pour finir cette escapade, retour tranquilou chez mamy fish, en 3 jours - 3 lacs et en traversant les montages qui se couvrent de leurs premières neiges. Ça va le chauffage fonctionne toujours !

Premières neiges dans les hauteurs à seulement 1300m 
Publié le 18 janvier 2022

Un voyant rouge s'allume depuis quelques temps, moteur au ralenti et cela de manière totalement aléatoire... Nous suspectons le régulateur de l'alternateur... Ce serait bien de réguler ce soucis avant de reprendre la route. Nous aurions l'esprit plus tranquille, et la cervelle aussi. Ne t'imagine pas que le problème avec l'âge avancé de Cargol est de trouver la pièce, mais en fait son prix : entre 1200 et 1800 € sur le net ! Va falloir aller faire un tour de magie dans un garage turc ! Au final, pour 250€, nous aurons : un alternateur tout neuf intégrant un régulateur, un neiman qui faisait quelques caprices, quelques soudures de renfort sur le pot, un nouveau klaxon tout neuf, 2 ou 3 bricoles par ci par là... Turquie 1, société de consommation européenne 0. Hallucinant non ? T'es prêt Cargol ?

On renforce le pot
Nouvel alternateur incluant un régulateur

Ikamet en poche, colis ok, pb du voyant rouge oublié nous repartons ! 1er bivouac au bord d'un lac. Au petit matin, une barque de pécheurs venus retirer leur filet viennent accoster à notre hauteur. Cadeau pour vous ! 2 belles carpes ! Ces turcs sont incroyables ! Nous finissons par arriver sur la côte où nous croisons une famille française en camion (les ghuidhuss) qui remontent eux sur Istanbul.

Ouf enfin la côte turque ! 

En descendant les motos pour les nettoyer et tenter de mettre les pièces ramenées de France, on s'aperçoit que notre barre anti-encastrement arrière a beaucoup de jeu. La source du problème est trouvé. Une pièce métallique de soutien de la cellule est dessoudée, et tout l'arrière droit a bougé de quelques cm vers le bas, cellule comprise. Plutôt inquiétant à 1ère vue. 😡

Vieillerie qui pète. 

Tout cela doit donc être réparé et renforcé. Nous croyions être parti d'Istanbul, ben non, demi-tour ! Du coup nous remontons (300km) en convoi vu que les Ghuiduss pensent faire des bricoles chez Ufuk avant de partir d'un coup d'aile en Thailande pour 2 mois. Content de retrouver Ufuk et la famille mais franchement, nous nous en serions bien passé...

Les Ghuiduss partis, c'est une autre famille française et en bus aménagé cette fois qui débarque. Le temps sur Istanbul est pourri, la seule sortie quotidienne est la boulangerie/pâtisserie/restaurant. La salle VIP nous y attends pour manger tous les jours, la Lire est très faible, les prix pour nous sont dérisoires... autant faire marcher le commerce. Je n'ai pas pu m'empêcher de vous prendre en photos ces gâteaux turc pour 8 personnes, qui sont idéaux pour le plaisir des pupilles et des papilles, le tout pour 4€ maximum...

La bus family
Vous avez dit gâteau ?
Notre salle VIP dans le restaurant

Avec Ufuk, ça réfléchit et ça bricole. En plus du renfort, nous décidons de changer la porte de la soute de la cellule qui était fixée au châssis et non à la cellule, une aberration technique. Suite à un mauvais départ dans la conception de la porte, cela prendra plus de temps que prévu mais la volonté de bien faire finie toujours par être payante 😉.

19 jours plus tard donc, le 24 décembre nous voilà repartis sur les routes. Au détour d'une bretelle routière, des canards nous montrent la bonne route. C'est reparti, à la recherche de bons coins... coins ! oups j'ai pas pu m'empêcher de la faire celle-là... Faut vraiment qu'on roule ! 🤣

Retour à Denizkoy, nous retrouvons la mer et nos motos laissées 3 semaines plus tôt. 

Que faire un 1er janvier quand tu es dans la nature avec ta maison sur roue, qu'il fait plutôt froid et que tu es pas pressé de bouger du coin. Tiens j'ai vu qu'il fallait revisser un peu les écrous de fixation de la cabine... Tu te mets dessous avec ta clef de 17 et en 10mn t'as l'impression d'avoir fait quelque chose de ta journée. Tiens et si avant de sortir de dessous Cargol, on dévissait ce capuchon du décanteur d'eau du gasoil... Nickel, pas d'eau, le gasoil est bon dans ces contrées. Tu revisses... Crack ! Mille milliard de mille bachibouzoucs de m*... Fuite ça pisse à coup à quelques litres à la minute. Tu mets le doigts pour boucher le trou... ☝️

et là tu penses... On est samedi, 1er janvier, tout est fermé, tu es sous ton camion, le bras en l'air en train de boucher un trou, dans 2h il fait nuit, il fait pas 5° dehors... T'as l'air d'un con là ! 😂 Quel idée de faire des p'tains de bouchon en plastique sur une sorte de vase en verre qui coutait 250€... Grrrrr de Grrrrrr !

Maloute ! Maloute ! ô secours ! Help ! Il me faut un bouchon ! Boite à outils de la cuisine ! Brochette en bois, baguette chinoise... Cool la baguette chinoise ça fait 95% du job. Vite plions rapidement et filons au Sanayi (quartier des mécanos) aperçu au village voisin. Samedi 1er janvier 17h, sait-on jamais... Tout est fermé mais quelqu'un traine par là, puis quelques minutes plus tard quelques personnes qui venaient boire du Southern Comfort entre potes sont là et enfin le "Patron" m'envoie une personne. 😂 Blabla bla, on boit, on trinque pendant que l'un deux démonte et remonte pour shunter momentanément le décanteur... et le tour est joué !

Certains regardent et boivent pendant que d'autres bossent
Vive les 1er janvier mécanique ! 

Nous suivons ensuite l'un deux qui nous prie de venir pour la nuit sur son terrain. Une fois sur place dans les oliviers, nous le suivons dans sa voiture vers la maison en haut de la colline. C'est Le "Patron" qui nous y attends. Un turc qui s'est expatrié en Angleterre, qui a fait fortune et revenu au pays a investi, acheter des terres, ne sachant pas trop quoi en faire au départ 😳. Maintenant c'est 65000 oliviers, une entreprise entre 100 et 150 personnes, 350 hectares dans un paysage magnifique de collines au bord d'un immense lac, des hangars techniques, quelques maisons, 62 km de pistes construites sur le terrain... Un visionnaire très sympathique. Repas du soir en toute simplicité (c'est en plus son anniversaire) et nous sommes conviés au petit déjeuner le lendemain avec son épouse avec visite de la propriété. Finalement, j'ai bien fait de le casser mon p'tit bouchon non ? Thanks Gürbuz ! (les prénoms sont parfois surprenants en Turquie)

Autour de la trieuse calibreuse d'olives
Tenues locales
Visite de l'immense domaine 

Sur la photo de l'olivier ci-dessus, on peut apercevoir des formations rocheuses étranges. Nous rentrons dans une région ex-volcanique. La terre dans ce coin est torturée par des km de coulées de lave. Au vu des surfaces, de toutes les directions prises et du nombre incroyable de petits monts restants, leurs formations ont dû être très lentes et sur une période très longue. Je ne sais pas ce que la terre avait pu avaler de travers pour dégueuler tout ça, mais dans tous les cas, il n'a pas du bon faire vivre par là en cette lointaine période 🤣

Des pistes sympas sillonnent la région
Des petits monts tout partout
Coulée de lave
Petit petit nous sommes
Tu en veux du caillou de lave ? 

Sorti de cette région collinéaire et caillouteuse, nous tombons cette fois sur un petit canyon de "cheminée de fées". Pas de troglodytes par là, nous sommes loin de la Cappadoce mais encore un petit coin sympathique pour un bivouac tranquille ! Tiens un turc passe avec son camion... Il s'arrête... Il fait marche arrière, descend... et nous offre une miche d'un kg de bon pain... Bonjour et au revoir... C'est ça la Turquie ! 🤪

Un mini Cappadoce dans ce secteur 

...

Et là où sommes-nous au moment où tu lis ces lignes ? Par ici !

Pays précédent : Géorgie, Etape suivante an cours de rédaction : Sympa la boucle (part II)

Après les oliviers à perte de vue, les coulées de lave qui n'en finissent pas, les cheminées de fées délirantes, il manque quoi dans cette boucle ? Allez on embarque pour 20km pour se poser au bord d'une vallée encaissée. Les turcs font souvent des aménagements assez terrible pour leurs loisirs, installation d'une tour d'observation, carbet de piknic... On monte au plus haut, on descend au plus bas, nous restons proche de la nature, il n'y a pour ainsi dire personne, c'est ce que l'on aime ! Oui nous sommes des sauvages !

Sacrée tour d'observation !
Petite descente pour voir en bas
Tasayran valley

Changeons de vallée et gaffe de pas tomber dans le canyon ! Ahah celui-ci est le 2ème plus grand canyon au monde ! (dixit wikipédia) Ben oui, après le grand canyon messieurs dames ! Bon perso, j'oserai quand même pas la comparaison, mais ça te péte quand même aux yeux. Dommage que l'on soit un peu feignant ou qu'il fasse un peu frais, c'eût été sympa de crapahuter un peu dedans...

ils savent aussi faire des terrasses sympas !
torturée la Terre !
Piti nono s'éclate !
Ulubey Canyon 
Quand tu commences à descendre tu te demandes comment ça va être plus bas !

A quelques encablures de là, nous approchons de Pamukkale. Paraît qu'une grotte sympa traîne par là avec des vasques en cascade, un mini pamukkale sous terre... Merdum, tu arrives sur le parking, les bains de la source chaude sont vides, des rubans de travaux à droite à gauche pour te faire comprendre que tu dois pas prendre le chemin. Bref le site est fermé. Des ouvriers semblent travailler à l'entrée de la grotte... Vous avez compris, on y go, sait-on jamais... Gagné, quelques petits mots turcs et des sourires, ils nous laissent passer. Ils sont en train de refaire le cheminement en bois, complètement pourri par endroit. Pas d'éclairage, nous avançons parfois à tâtons, pataugeant car beaucoup de pluie ces derniers temps et le chemin se transforme en ruisseau plutôt glissant. Rigolo ! S'il le faut c'était peut-être mieux comme ça 😅

Grotte Kaklik, plutôt en travaux 

Nous arrivons sur le site de Pamukkale... Cette fois nous filons d'abord à un petit village (Karahayıt) qui possède en plein centre un aménagement de vasques et sources chaudes, Le village a ses commerces touristiques mais sans tous les connos de Pamukkale qui tentent de t'attirer dans leurs boutiques chinoises ou restau à spécialités que tu ne sais même pas de quel pays ça vient en fait...

Bon Pammukale c'est quoi ? Des centaines de vasques en cascades d'un blanc étincelant qui t'éblouit, où l'eau ruisselle, sur une longueur de 2km et d'une hauteur de 50m, des couleurs à couper le souffle... et c'est comme ça depuis des millénaires, sauf que... L'eau ne coule plus comme avant, captée, irriguée pour des infrastructures thermales, commerciales, touristiques. Ô certes l'Unesco a en partie sauvé la mise de justesse mais son cahier des charges a fait peau de chagrin face à la pression financière. Compromis... Il ne reste donc plus que quelques vasques irriguées pour la joie des reflex iphone samsung ou autres, et quelques canaux qui viennent alimenter de temps en temps une infime partie de ce site immense pour tenter de lui conserver sa blancheur. Faire tout le tour par le haut de l'entrée sud à l'entrée nord sur 2km puis par le bas et l'on se rend bien compte de l'ampleur du problème. L'eau ne coule plus que sur 2% de la surface. Le gris grignote le blanc. De temps en temps ils dévient les canaux pour "nettoyer" un peu.🤮

Les anciennes vasques qui périclitent, non irriguée au profit d'établissements
Les romains se retourneraient dans leurs tombes
Le côté moins visible de Pamukkale issu de la sur-exploitation commerciale des eaux de sources 

Pour apprécier le site , laissez-vous rêvasser et imaginer ce que nos anciens ont vécus, du temps de ce splendide complexe antique ou l'on y trouve l'un des théatres les mieux conservés après celui d'Aspendos (sur la côte après Antalya). La piscine publique sur le site, appelée piscine de Cléopatre (j'me marre), est bien faite mais l'eau abondante qui s'y déverse ne serait-elle pas mieux à couler 100m plus loin ? Cela reste donc étonnant, émouvant, mais pour nous tellement triste... 😥

Quel pied ce théatre !
mais où est passée Cléopatre et le lait d'anesse ?
Ben oui c'était mieux du temps des orgies en fait ! 

Pour voir quelques belles photos de Pamukkale, cf celle de notre passage au mois de mai ou sur le net, mais attention beaucoup sont faussées et bien cadrée...

...

Et là où sommes-nous au moment où tu lis ces lignes ? Par ici !

Pays précédent : Géorgie, Etape suivante an cours de rédaction : Sympa la boucle (part II)