Carnet de voyage

Géorgie

10 étapes
22 commentaires
et hop, l'ex Union soviétique qui se modernise petit à petit, mais qui garde encore une entité vraie et des traditions bien ancrées
Juillet 2021
7 semaines
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Aller en Géorgie, c'est mettre un pied dans l'ex Union Soviétique. Aucun à priori mais après la Turquie, nous nous attendions à un changement radical. Gagné ! Tout commence quelques km avant la frontière par l'interminable file de camions qui attendent de traverser. En tant que camion non commercial, Cargol leur fait la nique...

Puis des meuhs partout, en totale liberté. Dans des zones habitées ou en pleine campagne. Elles ont juste une petite bague pour identifier leur proprio. Visiblement elles adorent flâner sur le goudron et brouter l'herbe des bas-côtés. Faut dire que les pauvres, elles non pas l'accès aux champs qui sont clôturés. Nous en compterons plus de 150 sur 10 km ! Parfois quelques vaches isolées sont attachées dans un jardin. Probablement que beaucoup de personnes n'ont pas assez de terres pour faire un petit élevage, alors chacun à quelques vaches en liberté proche de chez soi. Quelques zigouillages par an, et cela permet de manger de la viande à moindre coût, slurp ! 😜

Et les cochons ? Bien moins nombreux mais c'est pareil ! Après l'abstinence turque, chouët de la charcutaille🤪 que tu te dis ! Ben que nenni ! Enfin si tu en trouves quand même, mais moins bien travaillé. Les papilles sont plutôt déçues et parfois surprises d'y trouver tant d'épices.

Les vaches de mer
Les vaches de routes
Les vaches des bois
La vache qui aimerait rentrer chez elle mais c'est fermé.
L'épicerie du village et son cochon
Animaux libres 

Cela fait moins de 30 ans que ce pays à acquis son indépendance et que du jour au lendemain toutes les administrations, industries, kolkhozes et sovkhozes ont été arrêtés ou du moins privés de tout salaire. Déclin de l'Empire. La Géorgie se reconstruit certes, mais cela ne se voit pas encore trop et de nombreux vestiges inertes restent visibles. Routes abimées, pont non reconstruit, ancien téléphérique arrêté depuis des années, usines désaffectées et vieux bâtiment prestigieux abandonnés, immeubles d'habitation en ruines mais habités, autant de signes très visibles de la difficulté du pays à se reconstruire.

En quelques années, voire mois seulement, disparaissait donc une agriculture fortement subventionnée, articulée avec l’amont et l’aval de la production : recherche scientifique de pointe, irrigation, équipements lourds, système de commercialisation, etc... Les terres ont été redistribuées, données pour quelques menus pécules et la surface moyenne des exploitations est inférieure à 1,5 hectare. Ce qui est peu et l'on comprend alors mieux pourquoi les vaches sont dehors...

Côté maisons dans ces campagnes, ça change aussi beaucoup. Essentiellement des grandes maisons qui devaient abriter plusieurs générations. Manque d'argent probale, la plupart ne sont pas extérieurement entretenues, boiseries et ferronneries ont l'air de souffrir. Cependant quand on voit certaines voitures à l'entrée de ces maisons, il semble que les propriétaires attachent plus d'importance à ces dernières que leur habitation 🧐

Maisons traditionnelles dans les campagnes 

Voilà aussi du changement côté véhicules et camions. Ces reliques de l'époque soviétique doivent arborer facilement leur million de km et ce n'est sans doute pas fini ! Kamaz arpente ici le bitume en roi !

Ah les tuyaux jaunes ! Transport et acheminement de gaz. Des millions de km de tuyaux extérieurs dont certains font même office de barrière de sécurité !

Quand le gaz est apparent pour la sécurité de tous 

Mais le pays a également bien des atouts que nous allons vite découvrir ! Et les Géorgiens dans tout ça ? Pleins de surprises également... A suivre très vite 😉

Si tu nous laisses un petit commentaire sympa sur cette étape (bouton "Commenter cette étape" un chouia plus bas), tu recevras une photo culte par mail ou whatsapp !

Les premières rencontres sont plutôt décevantes. Dans les stations services… autant en Turquie, il n’était pas rare que l’on t’y accueille avec du thé, autant là pas de sourires et le bonjour semble difficile à entendre. Ils sont tristes ici ou quoi ? Dans une supérette… une jeune fille est affalée sur une table qui sert de caisse, juste un regard vitreux, visage sans expression. Echange zéro. Bon va peut-être falloir voir si les vaches ou les cochons sont plus sympas eux…

En arrivant sur la place d’un village de montagne, quelques jeunes sont là sous un arbre à une table. Ils répondent à un salut de la main et quelques sourires. Ça progresse ! Bon nous allons tenter de leur amener une bière. Le pouvoir du houblon est fort ici, ça marche ! Avec un peu d’anglais et google translate, la communication passe. Ils sont joyeux malgré la difficulté dans cette région de montagne à trouver du boulot.

Joie de vivre malgré leurs difficultés accentué par la période Covid 
TchaTcha

Puis rapidement : "TchaTcha ?" Mais qu’est-ce ? Ah raki local, ok… Et c’est parti à 5h de l’aprem au Tcha-tcha, sorte de vodka sans trop de goût qui te taquine le gosier puis la tète ! C’est une véritable boisson nationale à base de raisin, fabriquée dans chaque village ou en vente pour quelques laris (< 4 euros le litron). Hic ! Ils y accordent des vertus médicinales, ben tiens ! Paraît même que ça détruit l'acné... faut dire que tu peux en trouver à 70°, mdr ! 🤪



Container de chantier nous servant d'abri pendant l'orage

Et vroum-vroum, une sortie en moto dans les montagnes… la route de montagne est en travaux et voilà que l’orage est là. Les habits commençant à bien se mouiller, nous nous réfugions dans un container de chantier. 4 personnes nous y accueille avec un sourire discret. Ils s’affairent à nous faire une petite place, à nous débarrasser et nettoyer un coin de la table. En train de manger, ils nous proposent gentiment de partager leur repas. Ces géorgiens ne sont pas très causants mais ont le sens de l’hospitalité, ça progresse…

Boutiques alimentaires ou autres en demi sous-sol

Marché de Kutaisi… Dans le quartier qui jouxte ce marché couvert c’est l’effervescence. Des toutes petites boutiques dont beaucoup sont en demi sous-sol, accessibles par quelques marches dans la rue. Pour autant, les gens ne semblent pas très joyeux. On regarde passer ta belle gueule de touriste, mais l'oeil ne pétille pas, le sourire reste bas, on ne t'interpelle pas.

Le marché couvert. Très grand, avec ces différentes zones (fromage, légume, viande, poisson…). Bien qu’il n’y ait pas foule non plus, on se fait quand même parfois un peu bousculer et pas vraiment de sourires à droite à gauche non plus. Même entre eux, le Géorgien semble rustre (Russe se prononcerait-il Rustre (faire rouler les rrrr ! 😉). Avec le marchand d’épices, nous arrivons à échanger quelques sourires. Faut dire qu’il est plutôt désinvolte avec sa clope au bec (allumée bien sûr) au-dessus de ses sacs d’épices.

Original la clope allumée ! 

Tiens, là y’à un qui dort, la tète dans ses bras, sur sa table qui lui sert de stand. Ah ben en fait il est pas tout seul à dormir. A l’autre bout une dame, puis une autre vieille dame.

Artiste rural géorgien
Toc-toc ?
La 1ère est trop souriante, la deuxième, ben on sait pas...
Tu te sers et tu laisses une pièce

Tu comprends vite en fait en arrivant dans ce pays, que tu as vraiment changé de civilisation, qu’un lourd passé de méfiance leur pèse encore sur la tète, qu’il faut souvent travailler dur pour y survivre, et que ton corps et tes attitudes extérieures sont représentatives de certains états et façon d’être.

Dans un village nous nous engageons dans une voie normalement interdite aux poids-lourds (classique, fréquent et tout le monde le fait). Sauf que cette fois, la rue longe un petit ruisseau, sans rambarde bien sûr et voilà qu’elle se rétrécie petit à petit. Merdum, ça sent pas bon ! Pour couronner le tout, des installations métalliques pour supporter de la vigne dépasse des palissades des maisons, réduisant de trop la hauteur de passage de maître Cargol. Ah ben là ça ne passera pas ! Sens unique évidemment, reculer serait déjà pas facile mais en plus avec les véhicules qui se sont déjà agglutinées derrière nous, ça va prendre du temps ! Nous descendons du véhicule pour mieux observer la situation… "Bonjour !" Hein, qui ? "Bonjour je suis Omar, j’ai travaillé en France, je vais vous aider". Après analyse et devant l’idée saugrenue de devoir faire reculer les véhicules (qui cependant semblent sympas puisqu’ils ne klaxonnent pas), nous décidons de grimper sur le toit de Cargol et de soulever petit à petit ces foutus installations. Pas bête les types, ça tombe bien Omar est un ancien rugbyman et le voilà à la tâche sur le toit. C’est passé !

Omar au sauvetage 

Nous le convions naturellement à venir boit un coup pour le remercier. Le bar est original, cela ressemble comme deux gouttes d’eau aux vieilles caves en brique de Toulouse ! Une bière et un verre de vin siouplait. Ah ben non attends je reviens, le vin il est pas bon dans ce bar, je vais t’en chercher. Et voilà 5mn après que son ami revient avec une bouteille. Nous sommes invités et en plus nous repartons avec le reste de la bouteille puis partons ensuite visiter une immense exploitation agricole où son ami travaille. Comme quoi, en Géorgie, faut pas ce fier aux apparences. Des gens sympas, il y en a forcément et nous en verrons bien d’autres ! Omar rendez-vous à la capitale Tblissi où tu habites, à charge de revanche !

Avec six 5000m (max 5600 quand même !) et une dizaine à plus de 4000, le Caucase qui ne fait que les 2/3 des Alpes en impose grave. Il fait ainsi largement son job en séparant franchement la Géorgie de la Russie. Pas pour rien que la Géorgie est connue pour ses treks. 1ère approche donc, cette fois avec les petites motos via Zagari Pass à 2600m, genre de piste où n'importe quel véhicule légèrement rehaussé passe, mais à éviter si les jours précédents ont été pluvieux (effondrement, débordement des cours d'eaux...). Influence de la mer noire bien proche, il pleut souvent dans le secteur et nous en faisons les frais. Contraint à faire demi-tour au sommet du col sans pouvoir faire une belle boucle via Oughgouli. Heureusement, une cabane de chantier nous protègera de l'espèce de couillon qui nous arrose de là-haut en faisant trembler toute la montagne...

Pas facile le Caucase pour l'instant 

Pour se remettre de ce petit périple, rien ne vaut de se tremper dans l'eau, ou dans le vin, et dans les 2 cas, ce n'est pas ce qui manque en Géorgie. Sources chaude de Nokalakevi, un joli site avec une eau bien brûlante, coulant en cascade sur une belle formation calcaire. Dommage cependant que les autochtones n'aient pas aménagé une piscine de cette eau dans le lit de la rivière. Anecdote de ce lieu sur le terrain qui servait de petit parking : un camion poubelle s'enlise dans une boue bien grasse. Bon bourrin de Géorgien, il ne veut entendre un premier conseil pourtant simple, dégonfler les roues. Monsieur préfèrerait que je lui sorte les plaques bien lourdes pour que je me les nettoie après quand elles seront pleine de ta bouillasse... Ben tu vas un peu te démerder mon p'tit gars ! (comme l'on peut être sournois parfois...🤫) Après 5mn de rigolade à le voir tester sa faculté à creuser les trous sous les roues, un 4x4 de la police qui patrouillait par là est arrivé. Allez, j'vous prête quand même une sangle et deux manilles... Le 4x4 a un peu toussé mais il a fait le job et le camion et reparti... avec ses poubelles entre ses roues (adaption facile d'une expression bien connue).

Canyon de Martvili et sources chaudes de Nokalakevi

Et après l'eau, le vin ! Le saviez-vous ? La Géorgie serait le berceau du vin, 8000 ante Kraïste dans le sud du Caucase ! (source wiki) Et la tradition ici n'est pas le tonneau, mais l'amphore enterrée, affleurante au sol. Des petites exploitations existent toujours dans cette région de la Géorgie et nous en profitons. Il faut savoir pousser le bon portail car très peu d'indications. Accueil très chaleureusement chez Baia's wine, malgré l'heure tardive sans prévenir. Dégustation faite autour d'un repas effectué par la maman en mode cuisine du placard (qu'est ce qui nous reste par là ou par ici ?). En passant dans le secteur, n'hésitez pas à venir à la rencontre de ce chai atypique. Il est tenu par deux jeunes femmes passionnées que vous aurez sans doute comme nous la chance de rencontrer et de partager. Hic !

Baia's wine et ses traditionnelles amphores enterrées 

Y'a pas que le vin qui donne le vertige ! Bon ça c'est plus pour Laloute que pour moi. Je suis quand même allé au bout de la passerelle, mais 150m au-dessus du vide, c'est pas fait pour ma prunelle. Pas pour rien que nous avons été conçu avec deux pattes et sans ailes non ? ! ?

Canyon d'Okatse et passerelle de Sataplia 

N'ayant pas pu faire la région des météores en Grèce l'hiver dernier, nous ne pouvions pas passer à côté du piton de Katchkhi de 40m. Un tout petit monastère habité par un seul ermite le surplombe. Nul ne sait s'il capte bien wifi-god de là-haut, mais en tout cas, les femmes ne sont pas autorisées à y monter. Quant à moi, Dieu merci, l'accès était fermé car je n'aurais pas voulu m'aventurer dans cette minuscule échelle tunnel métallique toute piton-branlante.

Monastère du piton de Katchkhi 

Le couvent de Mgvimevi... Joli site et joli rencontre ! Seule la première partie est accessible. Quelques ecclésiastiques sont là. En entrebâillant une porte un peu secrète, une belle terrasse dominant vallée avec de grandes tablées est visible. Sur les marches de cette porte, en lançant quelques petits regards sympathiques et des bonjours en langue locale, le pope (prêtre orthodoxe) commence à vouloir discutailler et nous convie à pénétrer à l'intérieur de cette terrasse... Ça tombe bien, c'est l'heure du repas et de l'apéro ! Un p'tit verre messieurs dames ! Pas si petit que ça en fait ! Puis tu crois que c'est du vin blanc... raté... du tchatcha au piment macéré. Ah ah la surprise wouahou... la trachée te brûle et les papilles rentrent en ébullition. Et un verre, et deux verres, et tchin tchin le pope ! Plutôt hop hop hop le pope ! 😇

Et là tout s'enchaîne... La popstar de pope nous convie à assoir notre popotin autour de la bonne popote populaire, en compagnie de sa populace de disciples. Pas de popcorn ici mais une bonne nourriture franchouillarde autours des discours du pope. On aurait cru qu'il respirait le poppers et qu'il se transportait tout là haut dans la tropopause ! Mon dieu, puisse son foie bien synthétiser la lipoprotéine ! Quelle épopée ! Allez, pour le pope, hip hip hip-popotame ! Hic ! 🤪

Ah la tienne mon pope et merci pour ce grand moment de vie ! 

A savoir que ce site est tout proche de Chiatura, ancienne ville minière (manganèse) de l'empire soviétique, située dans une vallée très étroite. Elle arrive quand même à survivre du déclin industriel mais n'en cache pas ses très nombreux vestiges (téléphériques, usines, bâtiments et habitations abandonnées), donnant au lieu une sensation lugubre étrange et en faisant un paradis pour les amateurs d'urbex. Nous vous en avions mis quelques photos dans notre 1ère étape plus haut dans cette page, si vous en voulez un peu plus, c'est par là.

1000 fois moins de sites antiques ou archéologiques qu'en Turquie mais en voilà un sympathique sur notre route, le site d'Uplistsikhe. Une ville de près de 3000 ans, mélange de ruines et de troglodytes avec des formes parfois... surprenantes.

Des cailloux et des trous en Géorgie aussi 

Pas franchement partisans des grandes villes, mais ayant un rdv avec un ami dans cette capitale, nous ne pouvions l'éviter. Et évidemment toute urbanisation excessive a son lot de mochetés. Tblissi n'y échappe pas, d'autant que l'époque soviétique y a apporté ses immeubles bétonnés sans âmes, plutôt délabrés pour la plupart. Au vu de ce qui doit de temps en temps se décrocher des façades, certains doivent prier pour eux-mêmes et leurs véhicules...

Les 1ère approche d'une capitale ne sont pas les plus belles 

Même si notre regard d'européen est souvent attiré et attristé par toutes ces vieilleries et délabrements, Tbilissi (avec pas loin de 2 millions d'habitants) reste une ville qui bouge, surtout quand l'on sait que le pays a basculé dans un autre monde voici seulement 30 ans : des vieux quartiers sympas, des quartiers bazars où tu trouves de tout (sauf ce que tu cherches parfois quand tu es européen), des bâtiments ultra-modernes, des collines peu urbanisées, un grand lac et pas trop d'embouteillages (pour l'instant sans doute)...

Mélange de modernisme... 
... et d'ancien mélangé à du contemporain 

Nous devions retrouver Ben, un ami arrivant de France qui avait vécu quelques temps ici. Malheureusement, le matin même, sur la route de l'aéroport, il reçoit son test PCR... négatif, la poisse quoi. Nous allons quand même au rdv que nous nous étions fixé, un bar tenu par ses amis français. Soir du 14 juillet dans une ville étrangère, forcément, les français s'y retrouvent, vin, bière et chansons françaises accompagnées par accordéon ! Hic !

En fait, cette soirée là va pas mal conditionner la suite de notre Géorgie. L'absence de Ben changeant un peu nos plans, nous réfléchissons sur la suite de notre périple. L'Iran est en plein covid et n'ouvrira pas ses frontières avant plusieurs mois. Profitons-en pour rentrer furtivement en France et se faire vacciner maintenant que l'on peut. Passer un mois chez nous au mois d'août, c'est sympa aussi. Acheter un billet d'avion, savoir si l'on peut sortir du pays sans Cargol sans problème, trouver un abri sûr pour Cargol... Allez hop au boulot !

En moins de deux jours nous réglons tout ça ! Le plus compliqué fut la bataille pour savoir quels étaient nos droits et devoirs pour pouvoir sortir du territoire sans notre véhicule (certains pays peuvent être très compliqués et coûteux sur ce point). Passons sur les détails, cela a pris la journée, plusieurs bus pour traverser la ville de deux millions d'habitants en large et en travers afin de se coltiner plusieurs bâtiments du Ministère des Affaires Internes.

Ministère des affaires internes

Cela s'est fini ainsi : "Cela fait 4 fois que l'on nous donne une adresse différente, donc maintenant stop, on bouge plus et vous leur téléphonez pour avoir notre réponse !" "Je peux pas téléphoner" "Ah oui et c'est quoi le truc que tu as dans les mains que tu envoies des SMS avec depuis tout à l'heure ? Merci de téléphonez, nous, on bouge pas !" Nous avons bien cru qu'ils allaient nous foutre dehors quand la sécurité est arrivé alors que nous discutions avec un chef qui voulait rien savoir non plus ! Heureusement un grand chef moins con a surgit et a pris son téléphone. Il a mis 1/4 d'heure pour avoir la réponse après plusieurs appels et répondeurs divers alors que lui parle la langue du pays et qu'il s'adressait à des collègues... No comment. "Vous pouvez partir tranquille et revenir, pas de soucis pour votre camion." Ouf merci...

Rester plus qu'à trouver l'abri pour Cargol. Grace aux français rencontrés, le réseau a très vite réagi. Cargol va dormir sous les arbres d'un parking d'une usine de production de pains et viennoiseries, tout proche de Tbilissi. Qui l'eût cru qu'il faille être à l'étranger pour voir cette production à la française ! Idéale occasion de découvrir ce milieu tenu par un Jean-Michel passionné et passionnant !

Industriel, mais de qualité, ça met en appétit !  

Retour un mois plus tard fin août vaccinés... Pour la première nuit à l'arrivée tardive de notre avion, nous offrons à nos nouveaux anti-corps un bon petit déjeuner géorgien dans une guest-house. A 10€ la nuit (pour deux hein !) petit déj inclus, fallait pas s'en priver non ? Notre corps retrouve également les bonnes pastèques et les bouteilles de bières qui ici font plus souvent 2,5L et sont donc plus grosses que les mégas bouteilles de coca. Le prix de la bière étant d'ailleurs guère plus élevé que le coca. Pour le bide ou pour le sucre, c'est kif kif sans doute...

A coup de bouteille de bières de 2,5L, le coca devient petit...  

Nous retrouvons Cargol en pleine forme, ainsi que nos amis famille Optimus. Prêt à passer 15 jours ensemble en compagnie d'un ami à eux qui lui n'a pas eu le malheur d'être positif au départ... 1er nuit au bord du lac de Tbilissi, super sympa mais on va pas en garder un super souvenir... 🥺

Le repas du soir va se prendre en commun dans le Camion Optimus. A notre sortie vers minuit, notre Cargol a la porte de la cellule ouverte... elle était fermée 👿. Alors que nous étions juste à côté, la porte a été forcée, tordant une barre en fer. Sac à main de Laloute contenant nos passeports, son téou, 2 cartes bleues, ipad, les clefs des motos et double de Cargol, un autre sac avec des affaires ramenées juste de France... bref la poisse. 😥

Occasion le lendemain de découvrir le fonctionnement d'un poste de police. Nous les avons presque réveillés et sortis de leur torpeur. Arrivés en début d'après-midi, avec la présence d'une traductrice officielle, la venue obligatoire de l'équipe NCIS pour relever les empreintes, tout un skecth pour en finir qu'en milieu de nuit avec obligation de revenir le lendemain... pour voir le procureur ! Tout ça pour vous dire qu'il sont d'une lenteur incroyable et qu'ils croulent sous des process interminables et stupides. Remarque qu'il faut bien les occuper car la petite délinquance et faits divers de ce type, ils n'en voit pas tous les jours eux ! A priori, vraiment pas de bol pour nous... un souvenir de plus à raconter à nos petits-enfants quand nous en aurons 😉

la porte forcée
la traductrice officielle
L'équipe d'NCIS à la recherche d'indices 

Evidement les jours qui s'en suivent sont un peu bordéliques... Refaire les passeports... le réseau francophone du 14 juillet va jouer son rôle... Coup de fil à la Consule et hop en 48h la demande part en France. Inconvénient du système, nous voilà contraint de rester en Géorgie jusqu'à fin septembre, le temps que nos nouveaux passeports arrivent de France. Racheté du matos, courir après des magasins Apple, trouver un téléphone... refaire des clefs... pas si simple, clefs de moto, clefs de Cargol bizarroïde qui date de plus de 40 ans... Le premier serrurier classique est un échec cuisant. C'est finalement encore une fois grâce au réseau francophone et guidé par un géorgien que l'on déniche un lieu bien particulier : en sous-sol d'un bâtiment, avec une entrée qui se fait uniquement par le parking, quelques petites pièces sans fenêtres abritent différents corps de métier : serrurier, cordonnier, horloger... que des personnes aux gueules sympathiques, pas toutes jeunes donc bien expérimentées, ce qui nous va bien... Adhérez de ce pas à l'ADVM (Association Des Vieux Métiers) !

Un peu de détente et de rigolade dans tout ça, manière de ne pas oublier que le monde est parfois bien trompeur... Ce n'est qu'une question de point de vue 😉 Trouverez-vous le truc ?

Musée des Illusions 

Avant de s'enfoncer à nouveau dans le Caucase, Jean-Michel, notre passionné de farine et de boulangerie, nous convie à passer 24h chez lui : dernière détente dans son havre de paix décorés de surcroît par Tako, sa compagne, artiste internationalement reconnue. Les pépins sont dernières nous et nous profitons bien de ces instants...

L'havre de paix de Jean-Michel 

C'est parti, nous laissons nos déboires précédentes et commençons à pénétrer dans les montagnes. Ouf les voilà ! Elles nous manquaient un petit peu quand même. Jamais très loin dans ce pays de toute façon. Milieu d'après-midi, une fois la boulangerie dénichée, recherche du bivouac... une petite piste dans une minuscule vallée. Il paraît qu'un peu plus loin, il est possible de s'arrêter proche de la rivière avec la douce présence d'une source. Le coin semble déjà occupé. Sans vouloir trop déranger les autochtones, les camions sont laissés à quelques mètres. Nous approchons du site pour savoir si l'on y trouve 2 places bien stables. Viens viens viens fait de la main un des géorgiens !

Et hop pas le temps de dire ouf que tu as déjà le verre de tcha tcha à 60° dans les mains et une assiette avec la viande grillée du barbeuc juste à côté ! Ils sont du village tout proche et fêtent l'anniversaire de l'un deux. Des géorgiens bien sympas et pendant 2 heures ça rigole, ça mange un peu et ça boit gargantuesquement... Ils repartiront en voiture en mode je te fais des lacets là où y en a pas !

Quand les géorgiens fêtent un anniversaire en pleine nature 

Une fois dans la tranquilité, nous pouvons apprécier notre bivouac à côté de la source sanguinaire. Eau potable, gazeuse et très ferrugineuse (faut pas s'en faire... du fer - à la tienne Bourvil 😀), donnant au lieu cet aspect vampire...

Eau ferrugineuse ? 

Direction la Vallée du Truso... La Géorgie regorge de vallées sauvages, quasi inaccessibles en période hivernale. Autrefois habitées, les populations ont fuit ces dernières décennies au profit d'une vie à priori plus facile dans les plaines. Il en résulte souvent des villages-hameaux abandonnés et des familles de bergers qui subsistent en ces lieux. Petit à petit, le tourisme y pointe parfois un chouia son nez, chambres d'hôtes ou petits campements pour trekkeurs ou 4x4 en manque de nature. La vallée du Truso n'échappe pas à cette règle (1 micro-campement). 12 km de piste assez facile pour accéder aux premières ruines d'un ancien hameau, installés jadis sur dans un coin ensoleillé la quasi totalité de la journée.

la piste dans les gorges ne présente pas de difficultés  particulières

A l'image de la Géorgie, l'eau est omniprésente, surgissant de la montagne en points multiples, souvent pétillante dans ce coin. Extrêmement chargée en minéraux, cela donne des couleurs incroyables, comme si une usine textile et colorant se déversait par là. Que Nenni, c'est la plus belle des industries vivantes en ces lieux... Dame Nature !

Nature prestige 

Puis un pont qui fait un peu peur à nos 10T nous interroge. Claude en téméraire part en sondage dans la rivière. 1m d'eau dans le bouillon, il n'arrive pas à tenir debout et se fait emporter sur plusieurs mètres. Soyons sage, nous sommes dans tous les cas tout proche de la fin de la vallée, bivouac à 2100m, installé dans les ruines de l'ancien hameau. 99% des habitants sont des moutons, vaches, chevaux et chiens !

C'est donc en 1/2h à pied que nous finissons la piste, stoppé par un poste gardé de la police aux frontières. Pour aller plus loin, faut une autorisation spéciale, la Russie est très très proche.

Fin de la vallée du Truso, ex-village forteresse de Zakagori 

Faut quand même repartir, ressortir de la vallée par les gorges. La route étroite n'autorise pas forcément le croisement. A la sortie d'un pont, une famille hindoue de Dubaï a vautré son 4x4 de loc sur le passage, pneu arrière droit crevé. On le pousse ou quoi ? Soyons des étrangers sympas, aidons-le... Faut dire qu'il semble incapable de rien et que la situation peut durer.

Lionel et Claude s'attaque donc à tenter de sortir la roue de secours. Récalcitrante la bestiole ! et Merdouille... La voiture est vraisemblablement un import des US et ils doivent pas avoir le même cerveau que nous... remarque quand tu vois Trump, faut pas s'étonner... 10-15mn à batailler, le système semble bloqué quelque part. Du coup je sors ma meuleuse portative et vroum chrink chrink étincelles, la roue est dégagée et 5 mn plus tard la roue changée. Route dégagée ? Que nenni ! Le pataud d'hindou n'arrive pas à stationner son véhicule sur le côté ! Descend, je prend le volant. Et zou en deux tours, le pseudo tank est suffisamment sur le côté pour laisser passer nos carrosses 😉

Crevaison d'un pataud d'hindou de Dubaï

Encore un chouia vers le nord, nous continuons la "route militaire" qui a vu passer des légions depuis des siècles. Notre char d'assaut Cargol et le futuriste Optimus Prime remontons ces contrées perdues. Pas de chenilles processionnaires ici mais de la chenille poids lourds qui attend dans la vallée le feu vert pour se rapprocher de la douane. La route parfois étroite est sous contrôle Traffic Polici. Les vaches n'en ont rien à paître et adore les ponts !

vaches à gauche et poids lours à droite, quelle organisation ! 

Tu en veux de la fabrication de tunnel ? Là un grand chantier routier comme on rencontre parfois en Turquie. Les chinois remportent les marchés, installant de véritables villages où ils importent tout (cuisinier, médecin...)

Oh oh le bon pain chaud quotidien qui sort du four. Attention, si tu n'en achètes pas plusieurs, le soir tu n'en auras plus ! A chaque fois un pain disparaît entre la sortie du fournil et la montée du camion. Mystère...

Faut parfois passer un peu juste pour accéder où se faufiler vers des coins sympas...

mais ça vaut le coup ! Ici un petit complexe monastique à 2100m comme l'on peut en trouver des tas en Géorgie. La plupart du temps, les sites ne sont pas des plus moches. Avoir une belle vue pour mieux méditer ? Pas si con le moine 😉 !

Eglise de la Trinité proche de Stepantsminda

En plus le moine il a sa piscine pas loin (c'est pas parce qu'il a pas de nonnes que le moine il se lave pas !), eau de source légèrement pétillante siouplait ! Celle-ci est fraîche et l'on peut en boire mais les bulles sont trop fines pour se faire un gommage. Verte ou bleue suivant la lumière de l'instant, cette piscine municipale sauvage perdue dans la nature nous fait en tous cas un bon bivouac !

Pansheti piscine et source minérale 

Après la vallée de "La route militaire" et ces vallées satellites, une autre vallée nous fait de l'oeil avec au bout un site classé Unesco. Cette fois c'est 40km de piste, en passant par un col à 2700m. Paraît que cette piste n'est pas mauvaise... go go go !

En montagne le temps change vite. Tu pars il fait beau et pi tout d'un coup ils se mettent tous à rappliquer les nimbus et les cumulos ! Nos petits monstres grimpent lentement mais grimpent, la piste est très correcte même si parfois c'est un petit peu étroit, tu serres les fesses. Keep it cool et beaux paysages !

Nos petits monstres passent easy 

Le village classé Unesco est en fait un complexe unique type forteresses médiévales, habitations de pierres et de mortiers qui fonctionnent à la fois comme zone résidentielle et forteresse. Une structure en étage, des tours-habitations à toit plat, qui s'amalgament ensemble pour former une chaîne unique de fortifications. Joli dédale à l'intérieur dans lequel nous prenons plaisir à se perdre entre pierre et bois. La plupart ne sont plus habités mais certaines en rénovation laissant présager un retour à la vie future plus important.

Chatili 

Vallée perdue, Village perdu, inaccessible en hiver et pourtant micro village qui revit avec les moyens du bord et un tourisme de trek naissant que le gouvernement tente de promouvoir. L'authenticité est dans chaque recoin, cela mettra sans nul doute de nombreuses années à évoluer...

Pancarte Hôtel récente ou ancienne, nous ne saurons pas où sont les chambres... 

Tiens cela fait 7 ans que nous sommes ensemble aujourd'hui. Go à la micro-auberge locale, très familiale où nous sommes les seuls clients avec un petit groupe trekkiste. Nourriture locale, partage, vin et Tcha tcha coule, coule, et coule encore... ça va faire mal à la sortie ! Nous parlons du corps bien sûr car côté portefeuille, cela ne l'allègera pas beaucoup.

Lionel et un guide local 

🍷et oui la sortie est difficile, surtout pour ma prune ! Ne me demandez pas pourquoi je me retrouve pied nu. Malgré les apparences, je n'ai plus aucun souvenir de la fin de la soirée, ni même des instants tournés dans la vidéo ci-dessous. Apparemment nous avons bien rigolé ! 😂

Là y'a du dossier ! 

Autre épisode original. Le lendemain, en effectuant une petite promenade digestive l'après-midi, nous apercevons une dame qui confectionne des Kinkhalis (énorme raviolis géorgiens) dans une guinguette locale. "Et si nous en prenions pour ce soir ? Allez va pour une 30aine !" Claude passe la commande et nous devons repasser dans une demi-heure. De retour, nous comprenons que les Kinkhalis sont en cours de cuisson et qu'une tablée est prévue pour nous. Merdouille, il est 4h de l'aprem et nous avons pas faim du tout. Quand faut manger, faut manger ! Allez, à table et pi c'est tout, faut pas offusquer le géorgien 😉 !

La guinguette aux Kinkhalis

Quittons cette contrée particulière... Nous reprenons la route dans l'autre sens, cette fois accompagné d'un temps superbe. La montée entre 15 et 25 km/h est presque trop rapide tellement tu en prends plein les mirettes. En haut du col à 2700m, la luminosité et la clarté du paysage nous bluffent. Sacré planète !

wouahouuu... 

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Vous en aviez pas marre de voir du vert et des montagnes ? Allez, pour changer nous vous amenons ailleurs. Faisons un tour du côté de la frontière Azerbaïdjane au sud-est de la Géorgie. On nous y a vendu des paysages différents, type Africains. Effet secondaire du tcha tcha géorgien ou réalité locale ? Faut quand même s'arrêter au dernier village pour demander un pass pour aller dans ce coin. Est-ce un prétexte touristique ou contrôle du secteur frontalier ? A priori plutôt contrôle du secteur car il faut passer par la police après le bureau du parc 😉.

On approche de la région, le bitume disparaît, les pistes à travers les champs divergent et nous naviguons à l'oeil, dans ce paysage original, tout juste clairsemé parfois de quelques baraquements. Un peu trop de dévers vers le sommet d'une colline, nous repiquons vers la petite vallée en pleine pente. Les couleurs sont étonnantes, détonnantes même !

Après une nuit dans un point de contrôle déserté, nous passons un cap géographique pour arriver dans une petit plaine style mi-steppe africaine, mi petit ranch du Texas. La Loute en profite pour prendre un peu plus Cargol en main sur cette piste dont il faut se méfier (zigzague avec des grands trous trés fréquents). Les km défilent, nous sommes seuls ou presque, une gazelle passera par là. Non pas une hallucination. L'Azerbaïdjan est à quelques km seulement, de l'autre côté de la steppe. Frontière à 1km à vol d'oiseau, nous sommes contrôlés par les rangers qui vérifient que nous restons bien sur les bonnes pistes. Pas envie d'aller chatouiller de la Kalach !

Obligé de quitter la steppe pour s'enfoncer dans un canyon qui devient de plus en plus étroit. Là ça devient rigolo 😂! Aucune visibilité sur ce qui va suivre après. Nous circulons dans le lit de la rivière asséché et nous avançons à l'aveugle. Optimus un chouia plus haut que nous doit souvent s'arrêter pour scier des branches pernicieuses. La rivière est telle un serpent, formant des courts méandres aux virages parfois serrés et bien souvent juste à la taille de nos bestioles.

Quelques heures plus tard nous sortons de ce canyon pour arriver dans un lieu sympathique. Nous sommes sur la frontière avec l'Azerbaïdjan, juste matérialisée par la rivière, non surveillée, loin de tout. Certains passent le cap, juste pour le plaisir de poser leurs fesses coté Azerbaïjanais en traversant la rivière. Les poissons n'ont pas de frontières !

Les poissons n'ont pas de frontières 

C'est une impasse pour nous, la présence politique du Covid nous empêche pour l'instant d'aller taquiner l'Azerbaïdjan, donc demi-tour vers d'autres lieux.

Pour rejoindre la civilisation nous traversons dans le parc une région boisée. Les rangers chargés de l'entretien des pistes ne pensent pas que de si gros véhicules passent par là. Optimus part à pied en éclaireur, sa scie à la main. En fait il va défricher plus d'une heure sur 2 km et revient, plutôt transpirant. Go le passage est libre ! Enfin presque. Un ranger du parc est par là... En géorgien pas content du tout "vous avez déjà scier des arbres hier et aujourd'hui vous faites un carnage dans la forêt !" 15mn plus tard et quelques échanges téléphoniques, il nous laisse continuer. Vous z'aviez qu'à dire qu'un camion pouvait pas passer par là non ?

Le ranger du parc furax
 Optimus nous fait une belle figure d'avancer en crabe dans une ornière 😂

et nous y rencontrons des choses sympas dans cette plaine qui traverse d'Ouest en Est cette Géorgie... Tout d'abord, juste à la sortie du parc de Vashlovani, nous nous retrouvons dans une espèce de far-west militaire. Nous l'avons vu plus haut, les russes ont abandonné leurs terres dans les années 90 et les installations qui vont avec aux Géorgiens. Une base militaire était dans ce secteur... Pas de Jolly Jumper en vue mais un vieux jet en lambeau. En toute logique, Les Géorgiens ont préféré organiser leur pays plutôt que de s'occuper d'une base militaire dans un coin reculé de la Géorgie. "Allô la tour ? Cargol Alpha Roméo Golf Optimus Lima prêt à décoller ! Attendons instructions..." Nous voilà donc déambulant dans ce no-man's land militaire, à côté des hangar-bunkers qui protégeaient les avions (une 30aine), au travers de bâtiments en ruines ou sur les anciennes pistes du tarmac ou d'envol. Quel lieu insolite !

Accès tarmac et hangar-bunker
j'ai la bonne taille pour rentrer là-dedans moua
Prêt au décollage ? 

Tout proche de cette ancienne base, en haut de la colline, un village. Les bâtiments d'habitations des militaires sont désaffectés et les gradés devaient sans doute habiter le village. Une maison sur deux environ est délaissée, en ruine. Si vous voulez investir, y'a du choix !

ex kolkhoze
Les casernes dortoirs des militaires
de bien belles maisons se désagrègent. 

Changement de décor, la terre devient plus fertile, nous sommes dans le berceau des vignerons. C'est l'époque des vendanges, les vieux camions russes tournent plein fer, chargés à bloc. Cargol passe fièrement, arguant son look moderne par rapport à eux ! "Je suis bleu aussi mais j'suis plus beau !"

Vieux camions ayant vidés leurs récoltes et attendant pour repartir
Village de Signali
Vous avez dit gaz ?
Ode au tracteur
un classique géorgien
Vues géorgiennes 

Attendant que nos nouveaux passeports arrivent sur Tbilissi, nous passons quelques jours à Telavi, le fief de cette région. Belle ville, belles maisons, nous ressentons bien la riche région vinicole. C'est un pays de champignon que connaît bien notre hôte Jean-Michel. Malheureusement ceux-ci tardent à pousser. Nous ne ramasserons pas les dizaines de kilos espérés de cèpes et nous nous rabattons vers la récolte d'escargots à la lampe frontale. Crac crac par-ci par-là, obligés de faire attention où tu mets les pieds...

Telavi City 

Pas de champignons, passeports récupérés à la capitale, un petit tournoi de pétanque organisé par l'ambassade et les français de Géorgie, nous continuons notre route. C'est pas que nous puons, mais un bon bain chaud à 38° en pleine nature au coucher et lever du soleil, quand on passe à côté, faut pas s'en priver !

Sources chaudes de Vani

Nous présumons que dans les prochains jour l'Iran va annoncer l'ouverture imminente des frontières. Un calcul rapide s'impose : au mieux si tout se passe bien, nous pourrions rentrer en Iran mi-novembre. Mais mauvaise fenêtre météorologique pour nous pour aller vers les pays du Moyen-Orient. En conséquence, nous préférons tenter de revenir en Turquie pour demander un visa de résident pour un an, l'Iran attendra un peu... Peu avant la frontière Turque, le bord de route est truffé de vendeur d'Oronges (Amanite des césars, un must🍄). Des bois partout, ça doit en être rempli, pas le temps de s'arrêter. Go go go, y'a de la route !

...

Et là où sommes-nous au moment où tu lis ces lignes ? Par ici !

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