Carnet de voyage

Géorgie

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Dernière étape postée il y a 8 jours
et hop, l'ex Union soviétique qui se modernise petit à petit, mais qui garde encore une entité vraie et des traditions bien ancrées
Juillet 2021
7 semaines
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Publié le 5 septembre 2021

Cliquez ici pour le parcours (2036 km avec Cargol dont 298 de pistes, 306 en Msx dont 48 de pistes) et nos points d'intérêts en Géorgie, bonnes adresses, lieux de bivouacs

Et là nous sommes où au moment ou tu lis ces lignes ? Par ici !

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Publié le 5 septembre 2021

Aller en Géorgie, c'est mettre un pied dans l'ex Union Soviétique. Aucun à priori mais après la Turquie, nous nous attendions à un changement radical. Gagné ! Tout commence quelques km avant la frontière par l'interminable file de camions qui attendent de traverser. En tant que camion non commercial, Cargol leur fait la nique...

Puis des meuhs partout, en totale liberté. Dans des zones habitées ou en pleine campagne. Elles ont juste une petite bague pour identifier leur proprio. Visiblement elles adorent flâner sur le goudron et brouter l'herbe des bas-côtés. Faut dire que les pauvres, elles non pas l'accès aux champs qui sont clôturés. Nous en compterons plus de 150 sur 10 km ! Parfois quelques vaches isolées sont attachées dans un jardin. Probablement que beaucoup de personnes n'ont pas assez de terres pour faire un petit élevage, alors chacun à quelques vaches en liberté proche de chez soi. Quelques zigouillages par an, et cela permet de manger de la viande à moindre coût, slurp ! 😜

Et les cochons ? Bien moins nombreux mais c'est pareil ! Après l'abstinence turque, chouët de la charcutaille🤪 que tu te dis ! Ben que nenni ! Enfin si tu en trouves quand même, mais moins bien travaillé. Les papilles sont plutôt déçues et parfois surprises d'y trouver tant d'épices.

Les vaches de mer
Les vaches de mer
Les vaches de routes
Les vaches de routes
Les vaches des bois
Les vaches des bois
La vache qui aimerait rentrer chez elle mais c'est fermé.
La vache qui aimerait rentrer chez elle mais c'est fermé.
L'épicerie du village et son cochon
L'épicerie du village et son cochon
Animaux libres 

Cela fait moins de 30 ans que ce pays à acquis son indépendance et que du jour au lendemain toutes les administrations, industries, kolkhozes et sovkhozes ont été arrêtés ou du moins privés de tout salaire. Déclin de l'Empire. La Géorgie se reconstruit certes, mais cela ne se voit pas encore trop et de nombreux vestiges inertes restent visibles. Routes abimées, pont non reconstruit, ancien téléphérique arrêté depuis des années, usines désaffectées et vieux bâtiment prestigieux abandonnés, immeubles d'habitation en ruines mais habités, autant de signes très visibles de la difficulté du pays à se reconstruire.

En quelques années, voire mois seulement, disparaissait donc une agriculture fortement subventionnée, articulée avec l’amont et l’aval de la production : recherche scientifique de pointe, irrigation, équipements lourds, système de commercialisation, etc... Les terres ont été redistribuées, données pour quelques menus pécules et la surface moyenne des exploitations est inférieure à 1,5 hectare. Ce qui est peu et l'on comprend alors mieux pourquoi les vaches sont dehors...

Côté maisons dans ces campagnes, ça change aussi beaucoup. Essentiellement des grandes maisons qui devaient abriter plusieurs générations. Manque d'argent probale, la plupart ne sont pas extérieurement entretenues, boiseries et ferronneries ont l'air de souffrir. Cependant quand on voit certaines voitures à l'entrée de ces maisons, il semble que les propriétaires attachent plus d'importance à ces dernières que leur habitation 🧐

Maisons traditionnelles dans les campagnes 

Voilà aussi du changement côté véhicules et camions. Ces reliques de l'époque soviétique doivent arborer facilement leur million de km et ce n'est sans doute pas fini ! Kamaz arpente ici le bitume en roi !

Ah les tuyaux jaunes ! Transport et acheminement de gaz. Des millions de km de tuyaux extérieurs dont certains font même office de barrière de sécurité !

Quand le gaz est apparent pour la sécurité de tous 

Mais le pays a également bien des atouts que nous allons vite découvrir ! Et les Géorgiens dans tout ça ? Pleins de surprises également... A suivre très vite 😉

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Publié le 11 septembre 2021

Les premières rencontres sont plutôt décevantes. Dans les stations services… autant en Turquie, il n’était pas rare que l’on t’y accueille avec du thé, autant là pas de sourires et le bonjour semble difficile à entendre. Ils sont tristes ici ou quoi ? Dans une supérette… une jeune fille est affalée sur une table qui sert de caisse, juste un regard vitreux, visage sans expression. Echange zéro. Bon va peut-être falloir voir si les vaches ou les cochons sont plus sympas eux…

En arrivant sur la place d’un village de montagne, quelques jeunes sont là sous un arbre à une table. Ils répondent à un salut de la main et quelques sourires. Ça progresse ! Bon nous allons tenter de leur amener une bière. Le pouvoir du houblon est fort ici, ça marche ! Avec un peu d’anglais et google translate, la communication passe. Ils sont joyeux malgré la difficulté dans cette région de montagne à trouver du boulot.

Joie de vivre malgré leurs difficultés accentué par la période Covid 
TchaTcha

Puis rapidement : "TchaTcha ?" Mais qu’est-ce ? Ah raki local, ok… Et c’est parti à 5h de l’aprem au Tcha-tcha, sorte de vodka sans trop de goût qui te taquine le gosier puis la tète ! C’est une véritable boisson nationale à base de raisin, fabriquée dans chaque village ou en vente pour quelques laris (< 4 euros le litron). Hic ! Ils y accordent des vertus médicinales, ben tiens ! Paraît même que ça détruit l'acné... faut dire que tu peux en trouver à 70°, mdr ! 🤪



Container de chantier nous servant d'abri pendant l'orage

Et vroum-vroum, une sortie en moto dans les montagnes… la route de montagne est en travaux et voilà que l’orage est là. Les habits commençant à bien se mouiller, nous nous réfugions dans un container de chantier. 4 personnes nous y accueille avec un sourire discret. Ils s’affairent à nous faire une petite place, à nous débarrasser et nettoyer un coin de la table. En train de manger, ils nous proposent gentiment de partager leur repas. Ces géorgiens ne sont pas très causants mais ont le sens de l’hospitalité, ça progresse…

Boutiques alimentaires ou autres en demi sous-sol

Marché de Kutaisi… Dans le quartier qui jouxte ce marché couvert c’est l’effervescence. Des toutes petites boutiques dont beaucoup sont en demi sous-sol, accessibles par quelques marches dans la rue. Pour autant, les gens ne semblent pas très joyeux. On regarde passer ta belle gueule de touriste, mais l'oeil ne pétille pas, le sourire reste bas, on ne t'interpelle pas.

Le marché couvert. Très grand, avec ces différentes zones (fromage, légume, viande, poisson…). Bien qu’il n’y ait pas foule non plus, on se fait quand même parfois un peu bousculer et pas vraiment de sourires à droite à gauche non plus. Même entre eux, le Géorgien semble rustre (Russe se prononcerait-il Rustre (faire rouler les rrrr ! 😉). Avec le marchand d’épices, nous arrivons à échanger quelques sourires. Faut dire qu’il est plutôt désinvolte avec sa clope au bec (allumée bien sûr) au-dessus de ses sacs d’épices.

Original la clope allumée ! 

Tiens, là y’à un qui dort, la tète dans ses bras, sur sa table qui lui sert de stand. Ah ben en fait il est pas tout seul à dormir. A l’autre bout une dame, puis une autre vieille dame.

Artiste rural géorgien
Toc-toc ?
La 1ère est trop souriante, la deuxième, ben on sait pas...
Tu te sers et tu laisses une pièce

Tu comprends vite en fait en arrivant dans ce pays, que tu as vraiment changé de civilisation, qu’un lourd passé de méfiance leur pèse encore sur la tète, qu’il faut souvent travailler dur pour y survivre, et que ton corps et tes attitudes extérieures sont représentatives de certains états et façon d’être.

Dans un village nous nous engageons dans une voie normalement interdite aux poids-lourds (classique, fréquent et tout le monde le fait). Sauf que cette fois, la rue longe un petit ruisseau, sans rambarde bien sûr et voilà qu’elle se rétrécie petit à petit. Merdum, ça sent pas bon ! Pour couronner le tout, des installations métalliques pour supporter de la vigne dépasse des palissades des maisons, réduisant de trop la hauteur de passage de maître Cargol. Ah ben là ça ne passera pas ! Sens unique évidemment, reculer serait déjà pas facile mais en plus avec les véhicules qui se sont déjà agglutinées derrière nous, ça va prendre du temps ! Nous descendons du véhicule pour mieux observer la situation… "Bonjour !" Hein, qui ? "Bonjour je suis Omar, j’ai travaillé en France, je vais vous aider". Après analyse et devant l’idée saugrenue de devoir faire reculer les véhicules (qui cependant semblent sympas puisqu’ils ne klaxonnent pas), nous décidons de grimper sur le toit de Cargol et de soulever petit à petit ces foutus installations. Pas bête les types, ça tombe bien Omar est un ancien rugbyman et le voilà à la tâche sur le toit. C’est passé !

Omar au sauvetage 

Nous le convions naturellement à venir boit un coup pour le remercier. Le bar est original, cela ressemble comme deux gouttes d’eau aux vieilles caves en brique de Toulouse ! Une bière et un verre de vin siouplait. Ah ben non attends je reviens, le vin il est pas bon dans ce bar, je vais t’en chercher. Et voilà 5mn après que son ami revient avec une bouteille. Nous sommes invités et en plus nous repartons avec le reste de la bouteille puis partons ensuite visiter une immense exploitation agricole où son ami travaille. Comme quoi, en Géorgie, faut pas ce fier aux apparences. Des gens sympas, il y en a forcément et nous en verrons bien d’autres ! Omar rendez-vous à la capitale Tblissi où tu habites, à charge de revanche !

.....

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