En mode test au Maroc

Par
Dernière étape postée il y a 3 jours
6 étapes
36 commentaires
95 abonnés
Sous les bons conseils d'un ami proche, nous voilà en mode test au travers des pistes caillouteuses et sableuse du Maroc, histoire de tester la machine mécanique et humaine...
Décembre 2019
7 jours
Partager ce carnet de voyage
Publié le 29 décembre 2019
2
2
Publié le 29 décembre 2019

Partir... Nous n'avons plus que ce mot qui nous tape dans tous les coins de la cervelle depuis plusieurs semaines. Date sans cesse repoussée, essentiellement parce que nous ne sommes pas suffisamment prêt. Le moment où il nous faut vraiment y aller arrive. Une date est fixée pour retrouver Christophe dans le sud marocain pour continuer notre formation conduite poids-lourds en TT. Vite un bateau pour essayer de descendre plus rapidement sans se fatiguer...

Ah le Sète -> Nador ne prends pas de poids lourds en cette période... Merdum. Obligé de se rabattre vers un Barcelone Tanger, ce qui nous arrange guère (environ 400 km à faire de plus et pas du tout la même route une fois au Maroc). Nous qui voulions prendre le temps et ne pas faire trop de km dans une journée, nous sommes loin de nos souhaits.

Là faut partir, Go... A l'arrache, il reste beaucoup de finition à faire. Nous emportons de quoi bricoler et nous trions vaguement, nous entassons. Il nous faudra 2 jours pour commencer à marcher facilement dans les quelques m2 du sol de Cargol ! Nous sommes tellement dans l'urgence et le speed que nous ne sommes plus vraiment dans l'excitation du départ. Après le passage des Pyrénées sous la neige, c'est en arrivant dans les plaines catalanes que nous commençons à apprécier notre périple.

1er bivouac superbe au pied de la montagne de Montserrat, avec vue à 300°... La vie commence à être belle !

On commence à apprécier fortement ! 
Montagne de Montserrat en fond
Montagne de Montserrat en fond
Bordelou de rangement et bricolage + visiteur inattendu
Bordelou de rangement et bricolage + visiteur inattendu
La plaine, 1er et 2ème bivouac 

Retour à la réalité avec le bordelou de l'embarcation à Barcelone. Les PTAC des voitures ou camionnettes sont explosés, il existerait même des modèles contenant beaucoup plus de places assises que ceux que l'on trouve chez nous ! Tétris humain sans doute à l'intérieur.

Par ici la balance siouplait ! 

Traversée de 28h sans encombre dans un gros gros Ferry, témoin d'une autre époque qui n'a pas dû durer bien longtemps. Intérieur luxueux mais très rococco-kitch, 2 restaurants, casino, salles lounge, cinéma, plusieurs bar et salon... En fait, casino et nombreuses salles fermées, non pas faute de monde mais la clientèle ne s'y prête pas du tout (l'a-t-elle été un jour d'ailleurs ?). Contraste de belle moquette ou de petite table sympa jonchée de détritus et reste de boustifaille en tout genre que les personnes semblent laisser sur place ou par terre avec un malin plaisir. Inutile de trop chercher de personnel de ménage, il ne sera fait qu'après l'arrivée. Cabine spacieuse et confortable, nuit tranquille. Quelques odeurs de tajine dans les couloirs, certaines familles devant sans doute sortir un réchaud dans leur cabine 😀.

Le ferry de la GNV
Cargol s'est trouvé un copain !
Tchao !

Il est possible de faire tamponner les passeports et papier pour véhicule pendant la traversée. Dans notre cas, cela se passait dans une partie de la "salle de spectacle". Ambiance à l'Africaine-Marocaine, 2 files d'attentes distinctes de au moins 1 à 2 heures chacune, orchestrée par un mouvement de file jonglant de banquette en banquette... Impossible d'expliquer en détail ce délire 😀 ! Au moins cela fait passer le temps et en fait gagner à l'arrivée au port ! Arrivée vers 18h30 mais sortie réelle du bateau qu'à 20h (?). Par contre coup de chance ou pas, nous sortons du port en 5 mn, douane incluse 💪 ! Possibilité de dormir sur le parking juste après la douane au niveau des boutiques de change, triste occasion de voir à la nuit tombée la police repoussant les migrants qui escaladent les grillages...

3

Tanger... Peu d'intérêt pour nous si ce n'est le plaisir de fouler un autre continent, de visualiser que le monde n'est pas fait que de normes et d'obligations, de voir des personnes qui pensent et vivent différemment. 1ère route longeant la côte Atlantique, côte sans trop de relief, de longues plages parsemés de dunettes, pas de parking, pas de béton ou autre, juste de la nature et quelques villages sympathique (Asilah, Larache).

Petit village d'Asilah, au fond de la ruelle l'océan
Larache (nonos inside)
Asilah et Larache 

Plaisir de retrouver des animaux et des troupeaux en bords de route, de voir des personnes qui prennent le temps de regarder autour d'eux et qui te font des sourires et te saluent, Plaisir de voir des voitures qui a 200 000 km sont encore en rodage et ne partent pas à la casse, Plaisir de voir des personnes travailler dans les champs sans tracteur ou autre machine, qui s'installent avec leurs cagettes pour vendre leurs produits en bord de route (artichauts, avocats, grenades...).

Cariole remplie d'artichauts
On the road 

Nous sommes attendus dans le sud et les km doivent quand même être avalés à notre vitesse de croisière de 65 km/h. Pas dérangeant, Cargol se permettant même de dépasser certains véhicules, seules quelques lignes droites semblent un peu longues... Quelques arrêts sympathiques dans des petits villages grouillant de vie et 1er Tajine à moins de 4€ pour deux...

Tranquille... (nono inside)
1er Tajine
Camionnette locale
Le camion frigorifique

Pas de doute, nous y sommes. la photo ci-contre nous le rappelle bien. Juste derrière Cargol, vous pouvez observer un triporteur baché : il s'agit de la version marocaine du camion frigorifique. Un homme en descend, en extrait une carcasse de mouton qu'il dépose en équilibre sur son épaule et zou il va l'accrocher direct à la devanture de la boucherie (sur la droite de la photo), le tout en plein air bien évidemment 😜. C'est simple, rapide, efficace, pas cher, no comment.

La ville historique de Meknes n'est qu'une étape de passage pour nous. Elle nous rappelle Marrakech et sa grande place animée Jemaa-el-fna, avec une terrasse panoramique en périphérie, son souk grouillant juste à côté. Quasi zéro touriste, immersion profonde.

4

19 décembre... Nous allons changer de paysage, quitter les plaines cultivées pour attaquer l'Atlas et les hauts plateaux marocains, territoires des bergers solitaires. Nous n'avons pas beaucoup roulé jusqu'à présent, attendant qu'une perturbation neigeuse passe et ne pas prendre le risque d'avoir des routes bloquées. C'est aussi cela le Maroc. Va falloir que l'on se bouge. Encore 500 km et 3 jours pour rejoindre Christophe Sahuc (Quercy TT formation) aux dunes de Merzouga pour notre 2ème journée de formation tout-terrain poids-lourds. Le beau temps marocain est de retour, les routes sont open, tout semble ok. Nous apprenons en partant que finalement nous retrouverons Christophe à Zagora, soit 200 km de plus vers le sud, aux portes de zones désertiques... ok, dans tous les cas nous devions y aller aussi pour faire quelques modifs sur Cargol. C'est en effet à Zagora, que se trouve THE garage du Maroc, celui d'Ali Nassir, internationalement reconnu. Allez Cargol faut grimper maintenant !

Les singes polaires !
La colline station de ski

A un rythme parfois max de 25-30km/h, l’altimètre progresse quand même très rapidement. Les premières neiges, et au surprise, des singes polaires crapahutent dans une forêt de chênes verts (ci-contre). Contrastes inattendus. Vers le sommet du col à 2000m, une micro station de sports d’hiver. Enfin plutôt de loisirs d’hiver. Quelques skis et luges en location, une petit colline pour glisser. Les luges ne sont pas made in china : il s’agit d’une récupération de palettes vissées sur des skis coupés. Tout simple. Made in Marocco ! Puis les arbres laissent la place à de grandes étendues sur de grands plateaux interminables, réservés aux brebis et moutons, paysages sauvages et enneigées.

Euro-camping à Azrou, halte forcée suite à l'incident sur le pot
Lac Sidi Ali
Cargaison marocaine

En se rapprochant de régions davantage sous influence saharienne, la neige disparaît peu à peu. Les hauts plateaux désertiques sont toujours là, entre 1400 et 2000m d’altitude, immenses étendues sur des dizaines, des centaines de km et qui nous conduiront jusqu’à Zagora.

Certaines lignes droites sont vraiment longues !
Immensités des hauts-plateaux et 1ères palmeraies 

Nous n’avons quand même pas fait que rouler bêtement sur 700 km et 3 jours. Nous avons aussi tester 2 choses importantes.

La première fut d’arriver à être dépanné d’un problème mécanique qui eut été un facteur bloquant de plusieurs jours en Europe. Bruit soudain en roulant. Interrogation vite dissipée car le bruit est caractéristique d’un échappement qui se fait la malle. Nous en avons carrément perdu un bout, situé juste sous mon siège. Bruit assourdissant ! Nous savions que c’était une zone faible et abimée par le temps et la rouille.

La pièce perdue et récupérée sur la route

Nous n’avons pas le temps de devenir sourd que nous arrivons déjà dans un gros bled de l’Atlas : Azrou. A peine arrêté à une station service qu’une voiture s’arrête et nous demande de la suivre. Le problème était facile à comprendre. Il suffira de 3h30 et 30€ pour fabriquer une nouvelle pièce d’échappement sur mesure, le tout dans "un garage" dans une petite ruelle. Quand on dit garage, il faut s’imaginer que la taille d’un garage fermé que l’on peut trouver chez nous dans une résidence. Environ 15m2 mais avec une fosse siouplait ! Notre dépanneur Farid de la station service restera avec nous tout le temps de la réparation. Il a même fallu insister pour qu’il ne paye pas le thé à la menthe pris au bar du coin en sa compagnie. C’est clair nous sommes sur un autre continent !

Oups, il manque quelque chose
The Garage

Le deuxième test fût de commencer à prendre quelques pistes pour aller se perdre un peu en dehors des sentiers battus. Grand bien nous en a pris ! Une boucle d’une trentaine de km de pistes au travers de plateaux, de montagnes et de gorges. Le tout pour nous mener à un ancien petit village minier (Aouli), où le temps s’est arrêté en 1975, date où nous français avons abandonné toutes les infrastructures construites aux locaux et à la nature. Maisons en torchis et en terre, autant de maisons récemment construites qu’en ruines. En fait une maison cela ne s’entretient pas, c’est plus simple d’en faire une autre à côté au bout de quelques années. Une école pour les 6 à 12 ans cependant, avec 29 enfants mais il semble qu’il n’y ait guère plus d’adultes dans le village. La première "ville" est à 45mn de voiture. Ils vivent là, simplement, heureux de quelques vergers et d’aller chercher des minerais dans la montagne (plomb, malachite…) qu’ils revendent à des négociants et revendu ensuite aux… chinois.

Au fond de la gorge un pont ou plutôt une structure permet de traverser l’oued. Moment de solitude, de craquements en se demandant si cela va supporter les 10 tonnes du père Cargol. 1er test validé !

Aïe
J'y vais ou j'y vais pas ?
Ca craque de partout
Film piste et 1er pont couillu ! 

Nous prendrons également une autre piste, voulant prendre un raccourci. 1h30 pour faire 15km, on est bon là ! Piste perdue, très caillouteuse et cassante, devant même parois s'arrêter pour voir si ça passer (lacets). Nous n'avions pas dégonflé les pneus pour cette piste, à priori nous le payerons cash quelques jours plus tard... récit à suivre plus bas...

5
5
Publié le 4 janvier 2020

Zagora nous voilà enfin ! Oui enfin car cette région résonnait dans la tète depuis des mois. Ce trajet a parfois quand même eu un goût d'amertume. Trop rapide, manque de temps pour profiter. Nous devions y descendre en plusieurs semaines, nous aurons mis 11 jours. Nous qui voulions ne plus courir après le temps, pour l'instant c'est rapé. On ne quitte pas sans doute ce mode speed inculqué par notre société du jour au lendemain...

Christophe retrouvé et une fois fini ses améliorations techniques sur son 4x4 chez Ali, nous partons enfin, le matin de la veille de Noël en direction des premières pistes sableuses. La piste est là. Nous dégonflons les pneus. Excitation... Quelques centaines de mètres, un bruit bizarre. Une sorte de pschitt, pschitt, pschitt, régulier, augmentant avec la vitesse. Le bruit semble venir de l'arrière. Nous marchons à côté de Cargol. Vu, toi, juste là... la vilaine petite déchirure sur le flan du pneu et qui fait pschitt quand tu arrives en bas en s'ouvrant sournoisement sous le poids.

Et merde ! Aucune raison d'avoir fait une déchirure à cet endroit ni sur le goudron précédent. L'analyse technique et psychologique de la gomme nous apprendra que l'origine probable de la déchirure serait la piste cassante 2 jours auparavant : le fait de ne pas avoir dégonflé légèrement accentue ces possibilités de déchirure (plus facile d'abîmer une surface tendue que ramollie). Expérience 1, nous 0. Le comble, c'est qu'en dégonflant aujourd'hui, c'est là que le problème survient, gomme détendue, le trou s'ouvre à chaque passage vers le bas... Pour notre bonheur aujourd'hui nous ne sommes pas seul. Descendre les motos, descendre la roue de secours, changer la roue, remonter les motos... Pour gagner du temps (tiens te revoilà toi !) Christophe va chercher une remorque au village plus loin afin d'amener la roue dans un garage pour réparation éventuelle. Ne vous imaginer pas que tout est proche ! Bref nous y passerons une très grosse demie-journée, repoussant au lendemain les joies du sable.

Réparation correctement effectuée, nous repartons serein à la recherche d'un bivouac près des dunes. Soir de Noël, perdu dans l'immensité, feu de camp, magrets grillés, nuit étoilée, wouahouuu !

Jour de Nöel... Cargol a une nouvelle fois de plus du mal à démarrer ce matin. Bougies de préchauffage ou satanée bulle d'air qui part ou revient depuis plusieurs mois ? Il est prévu un séjour dans quelques jours chez Ali pour vérifier tout cela lors du changement de vérin de levage de cabine... Nous plions le camp et commençons à rouler. Soudain, Cargol s'étouffe et cale. Du mal à redémarrer encore, le moteur est chaud, ce ne sont pas les bougies de préchauffage, ou du moins pas que. Une prise d'air qui s'accentue ? Ça sent pas bon. Nous avançons...

1ère dune (ou dunette pour les intimes) et pouf ! Planté dans le sable ! 😂 Va falloir que l'apprentissage de roulage en sable et dune se fasse, bien se rendre compte que les roues avant ne sont pas devant, qu'un gros pachyderme ne se déplace pas là dedans comme un scarabée et que le tout dans le sable, cela freine énormément ! Allez hop la pelle et les plaques ! Expérience 2, nous 0.

Finalement, enlever le sable est assez rapide. Cargol a beaucoup de mal a redémarrer encore. Je le sors de sa situation mais je sais déjà, avant même que Christophe me le dise, qu'il ne faut pas aller plus loin aujourd'hui. Se retrouver réellement planter pour un problème mécanique dans les dunes avec un 10T, faudrait un paquet de troupeau de chameaux pour le sortir de là !

C'est comme à un enfant à qui tu promets un bonbon depuis des mois, tu lui montres des yeux, tu lui fais toucher, sentir, puis, en chuchotant dans son oreille, tu lui dis : "Non, pas aujourd'hui, une autre fois". Coeur noué, yeux humides, nous abandonnons Christophe et ses enfants pour qu'il profite des lieux et paysages et retournons sur Zagora direct. Christophe revient fin janvier, nous serons peut-être encore dans les parages, inch'allah ! Cargol s'étouffera une nouvelle fois sur la route mais nous arrivons à destination sous l'oeil attendri d'une jeune famille de chameaux.

6
Au centre le "grand" bonhomme Ali
la devanture du garage
Véhicules variés

Zagora et ses garages… Toute une réputation. Historiquement sans doute car passage quasi obligé de la grande époque du Paris Dakar. A peine arrivé aux abords de la ville, camions, campings-car ou autres véhicules étrangers sont systématiquement accostés, la plupart du temps par des jeunes en mobylette, rabatteurs pour des garages (si un jour vous passez par là, ne vous fiez pas aux rabatteurs qui vous amèneront probablement dans un autre garage que celui d’Ali - Ali Nassir est clairement marqué sur le mur). Ne cherchez pas les concessionnaires clinquants, les enseignes ne sont là que si elles ont été ramenées de surplus européens ou d’ailleurs. Heureusement que les grandes marques ne changent pas souvent de logo 😅. De la taille bien souvent d’un ou de deux garages de résidences européennes, personnellement, et à première vue, je dirai plutôt que l'on croit voir des ateliers mécaniques. Avec un savoir faire certain et une expérience bien présente, conservons donc le terme garage professionnel car vous pouvez tout y faire, même ce qui est impossible ou qui prendrait plusieurs semaines en France. Ne parlons pas bien sûr de vidange, mais de changement de pont, de lames de suspensions, de réfection de culasse, de renfort de chassis, de soucis électriques, de redressage improbable de carrosserie, etc, etc... Bref désossage complet possible et lifting garanti. Ce n’est pas pour rien que l’on croise à tout va à Zagora des antiquités qui n’en sont pas : 4L, R12, 304, camions berliet…

Proto Mitsubishi Dakar 1993 Saby-Fontenay
Proto Mitsubishi Dakar 1993 Saby-Fontenay dans la fosse

Le garage Ali Nassir… sa réputation dépasse très largement la frontière marocaine et court sur toute l’Europe : bouche à oreille, forums, presse spécialisée… Son garage ressemble aux autres, à ceci près que son mur est tapissé d’autocollants de rallye, de photos témoins d’un riche passé ou présent, et de nombreux véhicules dans "la rue", plus ou moins hétéroclites ou exceptionnels. Mélanges de culture, toutes les nationalités passent et se rencontrent ici, rendant les journées de mécanique moins monotones pour nous clients. Ali, le maître des lieux, dirige les différents ateliers et les opérations chirurgicales réparties dans la rue, tout en se mettant lui aussi sous les essieux. Il assure la convivialité à son personnel et à ses clients en offrant le thé à la menthe à plusieurs reprises dans la journée, un en cas vers 10h30 (base huile olive, confiture, vache kiri et pain - tout mélangé hein, nous sommes d'accord😉), un en cas vers 13h (boisson et sandwich sardine ou thon) et enfin le repas à la marocaine vers 16h (poulet rôti, tajine, et bien sûr couscous le vendredi). Ne cherchez pas d’équivalent, nous sommes sur un autre continent ou de nombreuses valeurs n’ont pas encore disparues.

Maloute apprends à faire un chameau avec une feuille de palmier
une pause repas

Un autre continent également, car le mot patience n’a pas la même signification, c’est juste du temps qui passe. Et alors, et après ? A ce propos les marocains ont supprimé le changement d’heure été / hiver voilà plus d’un an. Oui mais c'est pas aussi simple... Si vous demandez dans le coin l’heure à quelqu’un, demandez lui aussi s’il n’est pas resté sur l’ancienne heure, ils sont nombreux dans ce cas… Comme nous n’avons pas le même temps, nous n’avons pas aussi forcément les mêmes valeurs de finition des choses ou la même rigueur. Mais comme en Europe, on trouve des bons et des moins bons et il faut souvent être derrière pour surveiller, discuter, améliorer, relancer… On chouffe quoi !

Devanture
Le vérin
Tiens ou sont les lames ?

Voilà donc depuis le 25 décembre que nous sommes là, sans doute donc pour y passer quasiment un mois. Autant dire donc que l’on y chouffe beaucoup ! Faut dire que, lorsque l’on a vu les possibilités de la maison Ali et son réseau multi-professionnel, ben la liste des améliorations que nous souhaitions apporter s’est bien agrandie : (allergique à la mécanique, sautez le paragraphe ) pose d’un nouveau vérin de levage cabine (l’ancien posait un problème de vrillage de la cabine) avec fabrication de pièces sur mesure pour son placement sur Cargol, modification du circuit d’échappement (à cause du nouveau vérin), changement d’une petite pompe manuelle de gasoil (qui à priori est la cause de notre problème de démarrage), dénichage d’un petit filtre à gasoil bien caché et bien crado), changement d’une grosse durite du reniflard moteur, résolution de divers petits soucis électriques (essuie glace aléatoire, mauvais contact dans le neiman, fil électrique coupé qui empêchait le fonctionnement des bougies de préchauffage), rajout d’une prise branchement sur circuit du compresseur, rajout d’une lame de suspension arrière, rajout d’amortisseurs arrières (inexistant à la base donc conception des supports de fixation et d'axes), changement des silent-blocs d’une barre de renfort de direction, vidange des réducteurs arrières, démontage et nettoyage du surpresseur d’air,

Une culasse, ça sert toujours
Solution pour vérin

modification de notre passage cabine (nous ne gardons que la porte et condamnons le passe-plat), changement de notre soufflet de cabine qui montrait des signes de fatigue (ce sera désormais plus facile de lever la cabine avec le nouveau soufflet), fabrication de caches amovibles pour nos prises d’air afin d’éviter trop de rentrée de poussières pernicieuses, renfort de sécurité de la porte de la cellule, renfort de notre escalier amovible, fabrication d’un auvent et d’une bâche pour les motos, fabrication de marches-pieds amovibles pour les portes avant, fabrication d’un grille amovible protection du pare-brise, réalisation et pose d’un snorkel pour améliorer les poumons de Cargol, démontage et nettoyage du ventilateur, reprise du bec de lièvre de la calandre, des points de rouille (notamment sur le bas d’une porte) et du coup peinture totale de la partie avant de Cargol (cabine, protections)… et j’ai bien dû oublier quelques bricoles dans cette liste ;-)

Ca sent le snorkel
Modification du passage cellule cabine
La grille de protection

Autant la partie avec Ali fut un plaisir, autant la peinture fut une bonne prise de tète… A écouter le gougnafier de carrossier-peintre, Cargol eut été peint en pleine rue, en pleine poussière. Le travail d’Arabe, ça n’existe pas qu’en France, mouarf… Cette partie-là laissera un sacré souvenir et la peinture ne sera pas si mal que ça, quand elle sera finie dans 2 ou 3 jours sans doute…

bas de porte, Il était temps
Atelier peinture ! 

Vivement que l’on reprenne la route !